À Kinshasa, la Banque mondiale a réaffirmé sa volonté de soutenir la transformation agricole de la République démocratique du Congo (RDC). La rencontre entre la directrice régionale de l’institution et le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a permis d’esquisser une feuille de route pour les cinq prochaines années.
Selon Guyslain Ngeleza, spécialiste chargé du portefeuille agricole, l’appui sera strictement aligné sur les priorités fixées par les autorités nationales : « La Banque mondiale n’a pas d’agenda propre. Sa vision est celle du gouvernement. » L’objectif est de mobiliser des financements et un appui technique ciblé pour donner une cohérence aux projets en cours.
Des chaînes de valeur à sécuriser et à intégrer dans l’économie nationale
L’institution prévoit deux lignes d’action prioritaires. D’une part, le renforcement des chaînes de valeur agricoles jugées stratégiques, capables de créer des emplois et d’accroître les revenus paysans. D’autre part, l’intégration de l’agriculture aux investissements structurants déjà lancés dans les infrastructures et la connectivité, afin de réduire les coûts logistiques et d’assurer un meilleur accès aux marchés.
Cette orientation coïncide avec la campagne agricole 2025-2026 lancée en Ituri. À Bunia, le ministre Muhindo Nzangi a rencontré les producteurs de cacao et de café, deux cultures d’exportation majeures pour la province. L’Ituri est désormais la deuxième région productrice du pays, mais ses performances sont fragilisées par les exportations clandestines. Plus de 35 000 tonnes de cacao ont quitté récemment la province par des circuits informels vers l’Ouganda, privant l’État de recettes fiscales importantes.
Pour contrer cette fuite, le gouvernement veut renforcer la régulation via l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC) et améliorer les conditions de transport. Les multiples tracasseries routières alourdissent aujourd’hui les coûts et pèsent sur les prix alimentaires des marchés locaux. L’efficacité de ces mesures déterminera la capacité du pays à transformer son potentiel agricole en véritable levier de croissance.
— Peter MOYI



