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Former les ingénieurs congolais, condition pour des routes et des réseaux qui tiennent

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Last updated: août 25, 2025 10:10 am
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il y a 9 mois
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Sans montée en compétences et sans place centrale accordée aux ingénieurs congolais dans les marchés publics, la RDC continuera d’accumuler des chantiers fragiles : seuls 22,1 % des Congolais avaient accès à l’électricité en 2023 et le réseau routier public ne compte que 25 km/1 000 km², avec 35 % seulement des routes nationales en état « bon » ou « moyen ». Ces ordres de grandeur résument l’urgence : mieux concevoir, mieux exécuter et surtout entretenir.

Le message a été porté lors d’une conférence réunissant des ingénieurs du pays et de la diaspora : mise à niveau continue, priorité aux compétences locales dans les grands projets, et feuille de route claire pour cibler les ouvrages prioritaires. Dans le même temps, le PNSD 2024-2028 inscrit la modernisation des infrastructures et le renforcement du capital humain parmi ses axes structurants ; lier ces deux volets, projet par projet, rend l’action plus efficace et traçable.

Priorité aux compétences locales et à la maintenance programmée

Trois leviers concrets peuvent changer la trajectoire. Un, adosser chaque marché d’infrastructure (routes, énergie, hydraulique, numérique) à un plan de formation certifiante pour ingénieurs et chefs de chantier congolais : transfert de savoir-faire sur site, modules de contrôle qualité, et publication des attestations en fin de projet. Deux, instaurer une carte professionnelle avec référentiel par filière afin d’élever le niveau d’exigence dès les études et jusqu’à la réception. Trois, sanctuariser des budgets pluriannuels de maintenance préventive, assortis d’indicateurs publics ; les diagnostics de la Banque mondiale montrent que l’absence d’entretien dégrade vite les tronçons et annule le bénéfice économique attendu.

Côté énergie, l’équation ne se résoudra pas par le seul réseau interconnecté. Les mini-réseaux solaires progressent (ex. Nuru à Goma) et répondent vite aux besoins des villes secondaires et des zones minières, mais ils requièrent des compétences pointues : dimensionnement, stockage, protection des installations, exploitation commerciale. Structurer une filière locale — ingénierie, O&M, contrôle — réduira les coûts de cycle de vie et fiabilisera le service.

L’impact macro est direct : routes entretenues et électricité fiable compressent les coûts logistiques, fluidifient l’acheminement des minerais et soutiennent la productivité hors-mines, ce qui allège la pression sur les prix intérieurs que la politique monétaire combat à reculons quand les goulets d’étranglement persistent. Cette cohérence « ingénierie-finances publiques-banque centrale » n’est pas accessoire ; elle conditionne la durabilité des efforts de stabilisation. Les données de base — faible électrification, faible densité et qualité routières — justifient d’en faire un standard des futurs appels d’offres : part minimale de lots confiés à des bureaux d’études congolais (en groupement si besoin), formation obligatoire sur fonds de projet, et lignes budgétaires d’entretien visibles.

Reste à transformer l’intention en méthode : publier, pour chaque chantier prioritaire du PNSD 2024-2028, un tableau de bord unique mêlant objectifs techniques (qualité, délais, coûts), livrables de formation, et engagements de maintenance. Les institutions disposent déjà des cadres et des chiffres ; il s’agit désormais de mettre l’ingénieur congolais au centre pour que les ouvrages tiennent et que l’économie respire.

— Peter MOYI

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