spot_img

Glencore : cuivre en retrait au T1 2025, amélioration nette au T3 ; arbitrage avec le cobalt sous quotas en RDC

Partager

La production de cuivre de Glencore s’est établie à 583 500 t au premier trimestre 2025, soit -17 % sur un an (-121 700 t). Le groupe attribue ce recul à des teneurs plus basses et à une récupération moindre, en ligne avec le séquencement minier planifié. Les sites les plus affectés sont Collahuasi (-59 000 t), Antamina (-23 400 t), Antapaccay (-15 200 t) et KCC en RDC (-16 800 t). Au troisième trimestre 2025, la trajectoire s’inverse : +63 600 t par rapport au T2 (+36 %), grâce au relèvement des teneurs sur KCC, Antapaccay et Antamina.
En toile de fond, Glencore ajuste ses volumes pour préserver les marges métallurgiques : prioriser des blocs à meilleure teneur réduit les coûts unitaires (énergie, réactifs, frais de traitement) et améliore les récupérations globales au concentrateur.

Métaux : volumes, teneurs et arbitrages industriels

Cobalt. 28 500 t, +8 %, porté par des teneurs plus élevées à Mutanda. Ce flux reste conditionné par le cadre congolais : après la levée de l’interdiction d’exporter, la RDC a fixé des quotas de 18 125 t pour le reste de 2025, puis 87 000 t/an en 2026-2027, assortis d’un quota stratégique de 9 600 t/an. Les stocks existants permettent à Glencore d’honorer ces plafonds sans relancer à plein l’outil ; mécaniquement, les équipes privilégient la valeur cuivre tant que ces limites s’appliquent. Effet économique attendu : arbitrage produit-prix en faveur du cuivre, meilleur contributeur de cash lorsque les teneurs remontent.

Zinc. 709 400 t, +10 %, grâce à de meilleures teneurs à Antamina et à l’apport de McArthur River. Le levier technique vient ici de la qualité du minerai et d’un run-rate plus stable des concentrateurs.

Nickel. 52 400 t, -9 %, après prise en compte du retrait de Koniambo (site en entretien). La contraction reflète moins la géologie que la disponibilité industrielle.

Ferrochrome. 436 000 t, -51 %, conséquence directe de la suspension à Boshoek et Wonderkop en mai-juin 2025, en attente d’un redressement des marges de conversion. Dans cette chaîne, le coût électrique et la parité monnaies-énergie pèsent fortement sur l’économie des fours.

Charbon sidérurgique. 24,7 Mt, dont 19,4 Mt issues d’EVR (acquise en juillet 2024). Le périmètre consolidé explique l’essentiel de la volumétrie.

Charbon énergétique. 73,5 Mt, stable sur un an : les volumes australiens compensent les réductions volontaires à Cerrejón. Lecture économique : discipline de l’offre pour soutenir la rentabilité dans un environnement de prix moins porteur.

Teneurs en amélioration au T4. Les données opérationnelles signalent une poursuite du relèvement des grades : KCC passe à 3,63 % (contre 2,21 % en moyenne annuelle à date), Mutanda à 2,34 % (contre 1,40 %) et Collahuasi à 1,02 % (contre 0,91 %). Deux facteurs techniques se combinent : mise en service progressive d’une usine de dessalement (sécurisation eau-process = stabilité des circuits) et gestion plus fine des stocks (meilleure homogénéisation des blends au broyage-flottation).
Effet financier attendu : baisse du cash cost par tonne de cuivre payable et amélioration du taux de récupération, ce qui soutient les flux de trésorerie sans croissance agressive des volumes.

Lecture RDC. Avec des quotas cobalt désormais cadrés, Glencore annonce exporter dans ces limites entre 2025 et 2027. Tant que la contrainte perdure et que les stocks suffisent, la priorité reste la production de cuivre en RDC, plus contributive une fois les grades stabilisés. Ce choix réduit la volatilité des mélanges minerai-cobalt et sécurise la liquidité opérationnelle du pôle cuivre.

Peter MOYI

En savoir +

A la Une