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Hydrocarbures : la RDC restructure 52 blocs pétroliers pour relancer l’exploration

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La République démocratique du Congo aligne désormais 52 blocs pétroliers reconfigurés, prêts à entrer dans la phase active d’exploration. Cette cartographie revisitée vise à rendre le pays plus attractif pour les opérateurs internationaux, tout en tenant compte des exigences environnementales et des attentes des communautés locales.

Le ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi, a confirmé que l’opération a consisté à retirer des zones sensibles du périmètre pétrolier national. Les blocs concernés, issus notamment de la Cuvette Centrale, ont été épurés des emprises situées dans des réserves naturelles ou zones protégées. Objectif : garantir une base juridique solide aux investisseurs et limiter les conflits liés à la biodiversité ou aux droits fonciers.

Cette reconfiguration, réalisée en collaboration avec le ministère de l’Environnement et du Développement durable, s’appuie sur des recommandations formulées par plusieurs ONG. Selon le ministre, cette approche respecte « une logique de nettoyage méthodique » qui vise à doter le pays d’un portefeuille d’actifs explorables « sans controverse ».

Des études sismiques seront menées dans les mois à venir, avec l’appui de partenaires techniques étrangers. Ces campagnes utiliseront des outils de dernière génération, notamment l’intelligence artificielle, pour identifier les zones à potentiel élevé. À ce stade, aucune entreprise n’a encore été sélectionnée, mais plusieurs majors du secteur auraient manifesté un intérêt conditionné par la stabilité du cadre réglementaire.

Dans cette optique, un nouveau code pétrolier est en cours de rédaction. Le texte, censé moderniser un cadre légal devenu obsolète, sera soumis au Conseil des ministres avant son passage au Parlement dans un délai de trois mois. Il devrait introduire des garanties pour les investisseurs, clarifier les procédures de concession et renforcer les obligations fiscales des exploitants.

Pour élaborer cette réforme, les autorités congolaises ont multiplié les consultations et les visites d’échange, notamment en Angola et au Congo-Brazzaville. Ces déplacements ont permis de s’inspirer des méthodes d’attribution et de gestion des blocs utilisées chez les voisins du bassin du Congo, réputés plus avancés en matière de gouvernance pétrolière.

Cette relance de la politique des hydrocarbures survient alors que la RDC tente de diversifier ses recettes d’exportation, encore massivement dépendantes du secteur minier. Avec une production pétrolière marginale (environ 25 000 barils/jour selon les données 2023 de l’EITI), le pays reste sous-exploité par rapport à son potentiel géologique estimé.

Molendo Sakombi assume cette stratégie d’ouverture. Il évoque une vision de long terme visant à repositionner la RDC comme un acteur énergétique crédible sur le continent. « Ce travail est le fruit d’une rigueur dans l’exécution et d’une volonté ferme de repositionner notre pays sur l’échiquier énergétique africain », a-t-il déclaré à la presse internationale.

Reste à voir si cette ambition pourra dépasser l’effet d’annonce. Plusieurs observateurs appellent à la publication détaillée des cartes de blocs, à la transparence dans les futurs appels d’offres et à la participation effective des communautés locales. Le succès de l’opération dépendra moins du nombre de blocs disponibles que de la confiance qu’inspire leur gestion.

Peter MOYI

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