Les barrières de péage situées aux entrées de Mbuji-Mayi, précisément au niveau des ponts Lubilanji et Tshibombo dans la commune de Bipemba, repassent officiellement sous la gestion du Fonds national d’entretien routier (FONER). Après sept mois de contrôle provincial, la reprise a été actée le samedi 10 mai, à la suite d’un accord conclu la veille entre la délégation du FONER venue de Kinshasa et les autorités locales réunies autour du gouverneur de province.
À l’origine de la suspension de la gestion par le FONER, la province pointait un flou préoccupant dans la traçabilité des recettes perçues, ainsi qu’un manque d’investissement dans la modernisation des infrastructures. En réaction, elle avait récupéré le contrôle des deux postes de péage afin d’assurer un meilleur suivi des fonds collectés et de l’activité routière.
Les discussions tenues vendredi 9 mai ont débouché sur un terrain d’entente, présenté comme équilibré par le représentant du FONER, Fred Kambi Katumba, adjoint du directeur général. Il a précisé que l’accord prévoit une meilleure transparence dans la collecte des recettes, la tenue de statistiques fiables sur les passages des véhicules, ainsi qu’une restructuration du personnel affecté aux péages. Chaque agent devra désormais être clairement identifié, avec une tenue réglementaire pour distinguer les effectifs sur le terrain.
Derrière cette décision, la province entend reprendre la main sur l’information. Elle veut accéder en temps réel aux flux de données concernant les entrées routières de Mbuji-Mayi, renforcer la supervision de la chaîne de perception et disposer d’une lecture claire de l’affectation des ressources. Ce retour de gestion n’est donc pas un blanc-seing accordé au FONER, mais plutôt un test de gouvernance surveillée, où la transparence est devenue une condition non négociable.
Le FONER, déjà critiqué dans d’autres provinces pour des retards dans la réhabilitation des axes routiers, doit désormais démontrer sa capacité à rétablir un cadre de gestion rigoureux à Mbuji-Mayi. Les attentes sont claires : fiabilité des rapports financiers, amélioration des équipements, et restauration de la confiance entre la direction nationale et les entités décentralisées.
Cette reprise s’inscrit dans un contexte national où les ressources issues des péages représentent une part non négligeable du financement de l’entretien routier. Selon les derniers rapports budgétaires, les recettes de péages représentaient près de 39 % des revenus propres du FONER en 2023. Toute mauvaise gestion à ce niveau affecte directement la capacité de l’État à maintenir et développer son réseau routier.
La province du Kasaï Oriental, longtemps pénalisée par l’enclavement et le délabrement de ses routes, espère que cette nouvelle collaboration permettra de mieux canaliser les fonds et d’accélérer les travaux sur les axes stratégiques.
— M. MASAMUNA


