Derrière les portes des supermarchés : enquête exclusive sur la chasse aux abus de prix en RDC

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Sur fond de hausse persistante des prix à la consommation, le ministère congolais de l’Économie nationale déploie une équipe de surveillance dans les supermarchés de la capitale. Quinze jours d’inspection sont prévus pour vérifier si les prix affichés en rayons respectent la réglementation en vigueur. Cette opération, lancée début août, vise particulièrement les grandes surfaces, dont la stratégie tarifaire influe directement sur le budget des familles urbaines.

L’enjeu est de taille : d’après les derniers chiffres de la Banque centrale du Congo, l’inflation alimentaire a progressé de 19 % sur douze mois en juin, contre 12 % un an plus tôt. Cette accélération inquiète à la fois les décideurs et les ménages, alors que le panier de la ménagère s’alourdit semaine après semaine. En surveillant les pratiques tarifaires des grandes enseignes, les autorités cherchent à freiner la spirale et à éviter que certains commerçants profitent de la situation pour gonfler leurs marges.

Concrètement, les agents mandatés compilent les relevés de prix, vérifient les écarts avec les références officielles et rappellent aux distributeurs leurs obligations : toute hausse non justifiée par le contexte macroéconomique ou les coûts d’approvisionnement pourra entraîner des sanctions. Cette démarche s’inscrit dans une politique de protection du pouvoir d’achat, priorité affichée du gouvernement face à la montée des tensions sociales.

Le ministère insiste : la population doit rester attentive, signaler tout abus mais ne pas généraliser à partir de cas isolés. Côté commerçants, la coopération est attendue ; les équipes de contrôle veulent éviter la confrontation mais comptent sur la transparence pour rétablir un minimum de confiance dans un marché très volatil. Selon plusieurs économistes, cette stratégie a ses limites : « L’intervention ponctuelle ne règle pas le problème de fond, lié à la faiblesse de l’offre locale et à la dépendance aux importations », explique un analyste de l’Université de Kinshasa.

L’opération en cours sera-t-elle suffisante pour freiner la montée des prix et stabiliser le marché ? L’exécutif s’y engage, mais le défi reste entier : contenir la pression inflationniste tout en garantissant l’accès des ménages aux produits de première nécessité.

— Peter MOYI

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