Kinshasa a vu démarrer ce mardi une phase importante pour l’avenir de ses terres agricoles. Sous la houlette de Grégoire Mutshail, ministre de l’Agriculture, le comité de pilotage du Programme d’appui à la mise en valeur durable des zones de savanes et de forêts dégradées (PSFD) s’est réuni pour dresser le bilan et plancher sur la suite d’un chantier qui concerne à la fois la sécurité alimentaire, la lutte contre la déforestation et la valorisation des terres rurales.
Au cœur des échanges, un chiffre qui retient l’attention : 80 % des investissements physiques prévus dans le cadre du PSFD ont déjà porté leurs fruits, avec 7 400 hectares replantés à travers le pays. Cette avancée, confirmée par une mission de vérification indépendante, marque une étape concrète dans la stratégie nationale de restauration des terres, souvent comparée à une tentative de remettre en culture une savane trop longtemps laissée à l’abandon.
Pour les acteurs du projet, la pression est palpable : le ministre a insisté sur la nécessité d’examiner sans détour la mise en œuvre des recommandations de la précédente session. « Chaque participant doit regarder la réalité en face », glisse un cadre du ministère, rappelant que les attentes sont immenses, autant du côté des bailleurs de fonds que des communautés rurales concernées.
Le comité, qui rassemble des représentants du Fonds national REDD+ et de l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale (CAFI), ne cache pas ses ambitions : obtenir 50 millions de dollars supplémentaires pour étendre le programme à deux provinces de plus. Un pari réaliste ? La RDC, premier pays francophone d’Afrique en superficie forestière, doit composer avec un contexte budgétaire serré, mais l’appétit pour la reforestation est là, poussé par les exigences internationales en matière de climat et par l’urgence de relancer la productivité agricole.
Ce tour de table n’est pas un simple rituel administratif. Il engage l’ensemble de la chaîne : de la planification sur papier aux résultats tangibles sur le terrain. La prochaine étape ? Traduire les engagements en hectares productifs et en modèles agricoles durables, avec un œil sur la gouvernance et la transparence, attendues tant par les partenaires que par la population locale.
À l’échelle africaine, des programmes similaires peinent souvent à dépasser le stade de la planification. Ici, les chiffres annoncés offrent une note d’optimisme prudente. La réussite du PSFD, dans un pays où plus de 60 % des terres agricoles restent sous-exploitées (source : FAO), pourrait devenir un exemple régional, à condition que le financement suive et que les acteurs restent mobilisés sur la durée.
La question reste ouverte : la RDC réussira-t-elle à transformer l’essai et à faire du PSFD une référence continentale en matière de restauration des écosystèmes ? Le rendez-vous est pris pour les prochains mois, avec la vigilance habituelle des observateurs du secteur.
— M. KOSI


