Le complexe cuprifère Kamoa-Kakula avance sur son plan en trois temps : la stabilisation des eaux souterraines est bouclée depuis le 2 juin 2025 ; la phase 2 d’assèchement démarre avec l’installation de pompes submersibles haute capacité sur le flanc Est ; la phase 3 suivra en fin d’année pour remettre en service les stations existantes. Ivanhoe Mines prévoit de réinstaurer des objectifs de production 2026–2027 en septembre, tandis que la turbine n° 5 d’Inga II (178 MW) vient d’achever ses montages mécaniques et électriques, avec pré-mise en service attendue au début du quatrième trimestre 2025.
Pompes de 4,2 MW et calendrier : accès prioritaire aux zones riches en cuivre
Au cœur du dispositif, quatre pompes submersibles commandées chez Hefei Hengda Jianghai (Anhui, Chine), 650 L/s chacune et 4,2 MW à l’unité. Quatre équipements sur cinq sont déjà livrés ; le cinquième restera en pièce de rechange. Les équipes du fournisseur sont présentes à Kakula pour superviser les opérations. Les pompes sont descendues par paires dans deux puits adjacents de 400 m, afin d’attaquer la partie profonde du gisement à l’Est. Objectif : les maintenir entièrement immergées jusqu’à fin novembre, seuil à partir duquel le niveau d’eau devrait frôler le fond des puits de la phase 2. Un groupe électrogène dédié de 20 MW alimente l’ensemble pour éviter les aléas du réseau. Conséquence attendue : amélioration nette des teneurs en cuivre à l’approche de la fin d’année, à mesure que l’accès aux chantiers à plus forte teneur se rouvre.
Côté Ouest, l’assèchement résiduel est calibré sur huit semaines. Aucun épisode sismique n’y a été constaté, ce qui facilite la reprise sans travaux supplémentaires de réhabilitation. Cette priorité donnée au redémarrage « sec » du côté Ouest doit soutenir le mix de grade du complexe sur la fin de 2025.
Pourquoi cet enchaînement compte-t-il pour la filière cuivre ? Parce que le séisme de mai 2025 a obligé Kamoa-Kakula à revoir son plan minier : reprise progressive à l’Ouest, développement d’un nouveau secteur à l’Est isolé des zones à assécher, et maintien de l’outil de concentration avec l’appui des stocks de surface. Ivanhoe a confirmé la reprise des opérations souterraines à l’Ouest le 7 juin 2025 et une fourchette de production 2025 révisée à 370 000–420 000 t de cuivre. De son côté, Zijin — actionnaire — a indiqué en mai que les phases 1-2 tournaient à capacité réduite après les secousses, en traitant des stocks estimés à 3,8 Mt à 3,2 % Cu au 30 avril.
Sur l’énergie, dossier central pour une mine profonde, Ivanhoe signale que la turbine n° 5 d’Inga II (178 MW) a terminé ses installations mécaniques et électriques et que la pré-mise en service est en cours pour une finalisation début T4 2025 ; l’entreprise communique depuis début 2025 sur la montée en puissance progressive de cette capacité en 2025-2026. Le calendrier s’accorde avec les indications sectorielles publiées début août sur un retour d’unité en fin d’année.
Sur le terrain, le séquencement est clair : mise en route de deux pompes d’ici fin août, deux autres mi-septembre, remobilisation des installations temporaires de la phase 1 pour accélérer l’assèchement Est, puis phase 3 à la fin de 2025 pour réhabiliter et remettre en service les grandes stations de pompage situées sous l’eau. À ce stade, les galeries accessibles sont réhabilitées jusqu’au niveau d’eau courant, ce qui sécurise l’accès opérationnel au fur et à mesure de la baisse des niveaux.
Lecture économique. Kamoa-Kakula protège son profil de grade en rendant d’abord productives les zones Ouest, tout en préparant le retour progressif de l’Est via un pompage lourd et un réglage fin des plans miniers. La publication des objectifs 2026–2027 d’ici fin septembre et d’un nouveau plan de vie de mine au T1 2026 servira de test-signal pour le marché : rythme de dégorgement à l’Est, cadence de réhabilitation, et apports d’Inga II dans la stabilité électrique du site. Pour les acteurs aval (fonderies, câblerie), un gain de grade en fin d’année signifie des unités de cuivre par tonne plus élevées, coûts de traitement mieux contenus et une meilleure prévisibilité des flux, à condition que le calendrier d’assèchement tienne.
— M. KOSI

