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Pétrole en léger rebond, riz en repli marqué : ce que la BCC observe et ce que la RDC doit regarder de près

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Le baril s’est hissé à 67,7 USD au 21 août 2025, soit +1,8 % en une semaine. Le mouvement est court, la tendance reste baissière par rapport à fin 2024 (-9,1 %) et sur douze mois (-19,2 %). Dans le même temps, le riz recule nettement (259,2 USD/tonne, -7,9 % sur une semaine), quand blé et maïs se tendent à court terme (194,8 USD/t, +5,1 % et 151,4 USD/t, +3,2 %). Ces données proviennent de la note hebdomadaire de la Banque centrale du Congo (BCC) au 22 août 2025.

« Au 21 août 2025, le prix du pétrole s’est établi à 67,7 USD le baril… » (BCC, Note de conjoncture).

Le tableau extérieur s’éclaire aussi côté devises : 2 849,73 CDF pour 1 USD à l’indicatif, une appréciation hebdomadaire de 0,87 % après une vente de 50 millions USD par la Banque sur le marché le 18 août. Les réserves internationales restent élevées (7,52 milliards USD au 20 août, 2,87 mois d’importations). Des garde-fous utiles si la volatilité des matières premières s’installe.

Matières premières : signaux mixtes pour le budget et les prix à la pompe

Pétrole. Le petit rebond hebdomadaire répond surtout à des ajustements d’offre et d’anticipations de taux dans les grandes économies. Pour la RDC, exportatrice de brut mais exposée aux coûts énergétiques domestiques, l’axe à surveiller tient moins au mouvement d’une semaine qu’au niveau moyen de l’année : en l’état, un baril plus bas qu’en 2024 réduit les recettes en devises, tout en limitant la facture d’importations énergétiques. La BCC rappelle que la lame de fond reste baissière sur un an.

Riz. La baisse est plus franche. Elle s’explique par des récoltes record en Asie et une offre redevenue abondante après l’allègement des contraintes à l’export en Inde. Les indicateurs mondiaux confirment la tendance : l’indice FAO du riz a encore reculé en juillet 2025 (-1,8 % sur un mois ; -22,3 % sur un an). Des prix plus doux sur cette céréale de base desserrent la pression sur l’inflation alimentaire.

Blé et maïs. Les hausses hebdomadaires mentionnées par la BCC tiennent à des aléas climatiques et à des stocks mondiaux plus bas pour certains origines. Les séries « Pink Sheet » de la Banque mondiale montrent d’ailleurs des à-coups sur les cours des céréales pendant l’été 2025, malgré une trajectoire annuelle globalement modérée. Autrement dit : le court terme se retend, l’horizon annuel reste moins inflationniste que l’an passé.

Taux de change et bouclier monétaire. L’intervention de 50 millions USD a aidé à stabiliser le franc congolais, élément clé pour éviter la transmission intégrale des chocs importés aux prix domestiques. Ce levier n’est pas illimité ; il gagne en efficacité s’il s’accompagne d’achats publics mieux étalés, d’appuis budgétaires prévisibles et d’une gestion prudente des subventions ciblées. La BCC indique par ailleurs une inflation hebdomadaire ralentie à 0,13 % la troisième semaine d’août et un glissement annuel à 7,76 %, en retrait par rapport à 2024.

Message pour les décideurs. Trois fils rouges se dessinent :

  1. Ne pas sur-interpréter la reprise technique du baril : la ligne directrice reste plus basse qu’en 2024.
  2. Capturer la détente du riz dans la politique des prix et des importations ; c’est un levier rapide sur le panier des ménages.
  3. Rester attentif aux céréales : la nervosité peut réapparaître vite si la météo ou la logistique se dégradent.

Contexte global. Les organismes internationaux décrivent un marché alimentaire moins tendu que l’an dernier, tout en rappelant que des chocs climatiques ou politiques peuvent rebattre les cartes. Les dernières analyses de la FAO et les bases de prix mensuelles de la Banque mondiale constituent, pour la RDC, des points d’appui utiles pour caler les appels d’offres et lissage des importations.

À court terme, quoi regarder ? La prochaine note de la BCC pour confirmer la détente sur l’inflation hebdomadaire, l’évolution du spread entre l’indicatif et le parallèle, les prochaines enchères de titres en CDF et en USD, et les mises à jour FAO/CMO sur riz, blé et maïs. Ce faisceau d’indicateurs dira si l’été 2025 ouvre une fenêtre pour lisser certains coûts sans fragiliser la position extérieure.

— M. KOSI

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