Jeudi, le ministre des Infrastructures s’est rendu à Kindele, dans la commune de Mont-Ngafula, pour constater l’avancement des travaux routiers et mesurer l’ampleur de l’érosion qui menace l’entrée principale de l’Université de Kinshasa. Pour les habitants, longtemps oubliés, cette visite marque le début d’un changement concret dans leur quotidien.
Une route bétonnée après des décennies d’attente
À Kindele, au sud de Kinshasa, la vie quotidienne se déroule depuis des années dans un quartier sans routes bitumées. La zone est pourtant très habitée, avec une forte circulation autour de l’Université de Kinshasa. Les habitants ont vu passer des promesses, mais très peu de travaux durables.
C’est dans ce contexte que le ministre des Infrastructures, John Banza, a effectué une descente sur l’avenue des Notables, située en face de l’entrée principale de l’UNIKIN. L’objectif était clair : vérifier l’état d’avancement des travaux et évaluer les dégâts causés par l’érosion qui ronge cette partie de la commune.
Le ministre a rappelé que Kindele était autrefois considérée comme une zone périphérique, presque mise de côté, alors que la population y est nombreuse et active. Il a souligné qu’aucune route n’y avait été sérieusement bitumée depuis la création du quartier.
Cette situation est en train de changer. Selon John Banza, grâce à la volonté du président Félix Tshisekedi, la population va bénéficier pour la première fois d’une route en dur. Pas seulement une simple couche d’asphalte, mais une route entièrement bétonnée. Ce type de revêtement coûte plus cher au départ, mais il résiste mieux au temps, au trafic intense et aux pluies, ce qui évite des réparations fréquentes et des coupures de circulation répétées.
Le ministre a présenté ce choix technique comme un investissement de long terme. Pour les habitants, cela signifie des trajets plus rapides, moins de poussière pendant la saison sèche, moins de boue pendant la saison des pluies, et une meilleure accessibilité pour les taxis, les bus et même les ambulances.
Cette intervention fait suite à une alerte lancée par le député national André Mushongo. Élu de Tshikapa mais résident de Kindele, il a attiré l’attention du gouvernement sur la situation critique de ce quartier. John Banza a insisté sur ce point :
« Étant donné que nous sommes un gouvernement responsable, nous avons répondu favorablement à ce cri de détresse », a-t-il déclaré, cité dans le communiqué officiel.
Le député s’est dit satisfait de la réaction rapide du ministre et de la perspective d’amélioration des infrastructures dans ce coin de la capitale. Pour lui, voir l’État se déplacer jusqu’à Kindele et engager des travaux concrets est un signal fort envoyé à la population.
Au-delà de la route, la visite a aussi mis en lumière un autre danger : l’érosion. Sur l’avenue Mulangu, une énorme ravine s’est formée au fil des années. Elle a déjà englouti plusieurs maisons et continue de menacer les habitations restantes. Les familles vivent avec la peur de voir le sol se dérober sous leurs pieds à chaque forte pluie.
Sur place, le ministre Banza a reconnu l’ampleur du problème. Il a expliqué que ses services, notamment l’Office des voiries et drainage (OVD), allaient prendre des mesures d’urgence. La première étape consiste à cartographier précisément l’érosion, puis à réaliser des études techniques pour définir la meilleure solution : canalisations, soutènements, remblai ou autres travaux de génie civil. L’objectif est de stabiliser la zone et de protéger les habitants.
Pour la population de Kindele, cette visite n’est pas qu’un geste symbolique. Les habitants ont exprimé une vraie satisfaction. Beaucoup ont rappelé que c’est la première fois qu’un ministre vient constater, sur place, la dure réalité qu’ils vivent depuis des décennies. Voir des engins, des ouvriers et des responsables techniques sur le terrain leur donne enfin l’espoir de sortir de l’isolement.
Si les travaux annoncés sont menés jusqu’au bout, l’impact sera réel : meilleure circulation, sécurité renforcée autour de l’Université de Kinshasa, maisons moins exposées aux ravines, et ouverture du quartier aux activités économiques. Pour un secteur longtemps considéré comme secondaire, Kindele commence enfin à se faire une place sur la carte des priorités publiques.
— M. KOSI


