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Kinshasa : 33 morts et des routes coupées après les pluies d’avril, le gouvernement lance des mesures d’urgence

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Les pluies torrentielles du début avril ont une fois de plus mis à nu la vulnérabilité de Kinshasa face aux inondations. Au moins 33 personnes ont perdu la vie, des routes ont été submergées et des quartiers entiers, notamment ceux situés en périphérie, ont été coupés du reste de la ville. La rivière Ndjili, déjà gonflée par des précipitations exceptionnelles en mars, a débordé, inondant 26 des 36 communes de la capitale.

Face à cette catastrophe, le ministre d’État en charge des Infrastructures et Travaux Publics, Alexis Gisaro Muvunyi, a entrepris une série de visites sur les sites les plus touchés. À Selembao, il a constaté l’avancée d’une érosion menaçant l’avenue de la Libération. À Kasangulu, sur la RN1, les travaux de remblayage et de stabilisation de la chaussée se poursuivent, même après la reprise du trafic, pour garantir une durabilité à long terme. Un collecteur d’eaux de 350 mètres de long, allant de la RN1 jusqu’à la rivière locale, est en cours de planification afin de mieux gérer les eaux de ruissellement.

Gisaro

Le ministre a également visité le croisement des avenues By Pass et Elengesa, où des travaux de stabilisation du sol sont en cours. La reprise du trafic y est effective. Ces interventions s’inscrivent dans une volonté manifeste de lutter contre les constructions anarchiques. Le ministre a rappelé que des démolitions sont en cours du côté de l’OUA et que d’autres suivront à la baie de Ngaliema. Il a insisté sur le fait que toutes les constructions érigées sur les lits des rivières, comme la Ndjili, la Funa, Bitshaku-Tshaku ou Makelele, seront démolies pour permettre un écoulement normal des eaux jusqu’au fleuve Congo.

Selon une étude récente de World Weather Attribution, de tels épisodes de fortes pluies pourraient devenir courants à Kinshasa, survenant tous les deux ans dans le contexte climatique actuel. La croissance rapide de la population, estimée à 18 millions d’habitants, dont une majorité vivant dans des logements informels, aggrave la situation. Les infrastructures de drainage sont insuffisantes, et les systèmes existants sont souvent obstrués par des déchets solides.

Pour faire face à ces défis, le gouvernement congolais a lancé plusieurs projets d’infrastructure, dont la modernisation de la RN1 et la construction d’un pont routier et ferroviaire entre Kinshasa et Brazzaville, estimée à 700 millions de dollars. Ces initiatives visent à améliorer la résilience de la ville face aux catastrophes naturelles et à stimuler le développement économique.

— M. MASAMUNA

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