Kinshasa : jusqu’à 220 USD exigés pour récupérer diplômes et relevés de notes dans les universités publiques

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À Kinshasa, obtenir un simple relevé de notes ou une attestation de réussite après avoir étudié dans une université publique relève aujourd’hui du parcours du combattant. Les diplômés doivent affronter non seulement une bureaucratie opaque mais aussi des exigences financières jugées abusives. Selon une enquête réalisée par Radio Okapi, les frais exigés par les administrations universitaires pour la remise de ces documents pourtant essentiels à la recherche d’emploi oscillent souvent entre 150 et 220 dollars américains.

La situation est alarmante à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), où des jeunes diplômés dénoncent ouvertement un système où les délais sont interminables et les coûts imposés sans fondement juridique. Un ancien étudiant confie avec amertume : « On peut passer des années à attendre son relevé. C’est seulement après avoir payé que le dossier avance, et encore, rien ne garantit une remise rapide. »

À l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (ex-IFASIC), le constat n’est guère différent. Plusieurs étudiants témoignent de tarifs exorbitants avoisinant les 150 dollars pour obtenir des diplômes de premier et deuxième cycles. Pour eux, ce système fait barrage à leur avenir, surtout dans un contexte économique difficile où l’emploi est déjà rare.

Ce problème dépasse largement le cadre administratif. Il agit comme un puissant filtre social, excluant de facto ceux qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires. La conséquence directe est une marginalisation supplémentaire des diplômés issus de familles modestes, déjà défavorisés sur le marché du travail.

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour interpeller directement le ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. Les diplômés demandent aux autorités d’intervenir rapidement pour rétablir la transparence et l’équité dans les établissements publics.

Sollicitées à plusieurs reprises par Radio Okapi, les autorités ministérielles n’ont, à ce jour, apporté aucune réponse à ces préoccupations pourtant légitimes. Face à ce silence, la frustration monte chez ces jeunes congolais déterminés à dénoncer ce qu’ils qualifient sans hésiter de pratiques injustes et contraires aux règles élémentaires de gouvernance.

Le gouvernement saura-t-il entendre ces cris d’alarme ? La réponse pourrait déterminer l’avenir de milliers de diplômés congolais déjà en lutte pour leur insertion professionnelle.

— Peter MOYI

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