Dès mardi matin, des engins et des équipes en gilet orange ont investi l’avenue de l’Ecole, sur le segment compris entre Rwakadingi et Commerce, au cœur de la commune de la Gombe à Kinshasa. Cette artère, trop longtemps laissée à l’abandon, connaît enfin des travaux de réhabilitation menés par la société Safrimex. Objectif annoncé : offrir un nouveau visage à ce tronçon stratégique, qui traverse l’une des zones les plus animées du marché central.
Crispin Belengeli, ingénieur responsable du chantier chez Safrimex, détaille la feuille de route : « On reprend toute la voirie avec la pose de caniveaux neufs et la construction d’une chaussée rigide large de sept mètres, équipée de deux bandes de circulation. Au total, près de 390 mètres de route seront refaits à neuf. » Pas de calendrier précis avancé, car le terrain réserve toujours des surprises, surtout en zone urbaine dense. Entre aléas climatiques, flux constant de piétons et la cohabitation avec les commerçants, chaque jour réserve son lot d’ajustements.
L’ambiance est contrastée. Si la plupart des commerçants se réjouissent de voir enfin des machines à l’œuvre, quelques voix s’inquiètent pour leur chiffre d’affaires durant les travaux. Sarah Satugombo, installée depuis une décennie le long du tronçon, se veut confiante mais vigilante : « Merci pour le lancement des travaux, mais j’espère vraiment qu’ils iront jusqu’au bout. On a trop souvent vu des chantiers s’arrêter en pleine rue, nous laissant seuls face à la poussière et aux difficultés de circulation. » Ce scepticisme n’est pas isolé. Plusieurs riverains redoutent des interruptions ou des retards, expérience déjà vécue sur d’autres axes du centre-ville.
La supervision de ce chantier revient à l’Hôtel de Ville, avec un financement entièrement pris en charge par le Trésor public. Selon les informations obtenues, aucune enveloppe budgétaire précise n’a encore été communiquée, mais le contrôle financier serait assuré par les autorités municipales. Ce projet rappelle les chantiers similaires récemment lancés sur d’autres avenues de la capitale, avec parfois des retards liés à la saison des pluies ou à des difficultés d’acheminement des matériaux.
La réhabilitation de l’avenue de l’Ecole n’est pas un simple coup de peinture sur l’asphalte : il s’agit d’un pari sur la fluidité urbaine et le soutien à l’activité commerciale locale. Chaque jour de travaux représente un investissement, mais aussi un défi pour les petits marchands qui dépendent de l’accès direct à leur clientèle. La réussite de ce chantier pourrait bien inspirer d’autres quartiers où les routes, elles aussi, attendent un renouveau.
Qui saura convaincre les sceptiques et garantir que la route ne redeviendra pas, dans quelques mois, l’un de ces chemins cabossés qui freinent l’économie urbaine ? La balle est désormais dans le camp de Safrimex et des autorités locales. Au-delà des promesses, seuls les résultats sur le terrain feront la différence.
— M. KOSI


