Le Dialogue national sur la gouvernance minière s’est conclu le 17 avril à Kinshasa avec une ambition claire : transformer les ressources minières de la République démocratique du Congo en instruments de paix et de développement. Organisé par le Comité de crise pour la paix et la sécurité (CCPS-RDC), cet événement a réuni pendant trois jours des représentants de l’État, de la société civile et des partenaires internationaux.
Les discussions ont mis en lumière l’impact des minerais sur les conflits armés dans l’Est du pays. Des groupes rebelles, tels que le M23, exploitent illégalement des ressources comme le coltan, générant des revenus estimés à 800 millions de dollars entre avril et décembre 2024, selon un rapport des Nations unies.
Face à cette situation, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Ils appellent à l’adoption d’une politique minière nationale axée sur la durabilité et la transparence. La mise en place d’un plan d’exploitation responsable est également préconisée pour garantir que les richesses minières bénéficient aux communautés locales plutôt qu’aux groupes armés.
Le concept de « diplomatie citoyenne » a été avancé pour lutter contre l’économie criminelle entourant l’exploitation des minerais. Patient Bashombe, coordonnateur du CCPS-RDC, souligne l’importance de cette approche pour intégrer les ressources minières dans les solutions aux conflits qui ravagent l’Est du pays.
Les acteurs de la société civile ont également exprimé le souhait que les minerais deviennent un outil de diplomatie, non seulement pour favoriser le développement de la RDC, mais aussi celui de toute la région. Ils ont appelé les bailleurs de fonds intéressés par les minerais congolais à engager des discussions directes avec les autorités, afin d’éviter les intermédiaires qui contribuent à la détérioration de la situation sécuritaire dans le Grand Kivu.
Ce dialogue marque une étape importante dans la quête d’une gouvernance minière éthique et souveraine en RDC. Les recommandations formulées pourraient servir de base à des réformes profondes, visant à faire des ressources minières un levier de stabilité et de prospérité pour le pays.
— M. KOSI


