Chaque mois, près de 180 000 m³ de carburant échappent aux circuits officiels dans le sud de la République démocratique du Congo. Cette différence entre les 120 000 m³ déclarés et les plus de 300 000 m³ estimés reflète l’ampleur d’une contrebande qui prive l’État de centaines de millions de dollars annuellement. Pour y remédier, le gouvernement a adopté une mesure technologique : l’installation de scellés électroniques sur les camions-citernes transportant des hydrocarbures.
Ces scellés, équipés de modules GSM et GPS, permettent un suivi en temps réel des véhicules depuis les terminaux d’embarquement jusqu’aux points de déchargement en RDC. Associés au système de monitoring SigOil et à la technologie RFID, ils offrent une traçabilité complète du transport des produits pétroliers. Un test pilote, réalisé du 17 au 31 mars 2025 en collaboration avec la DGDA et l’OCC, a démontré l’efficacité de ce dispositif. Les résultats ont montré une amélioration significative du contrôle et de la transparence dans la chaîne d’approvisionnement.
Le ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, a souligné que cette initiative vise également à réduire les coûts logistiques. En augmentant les volumes transportés officiellement à 300 000 m³ par mois, les coûts fixes pourraient diminuer de 236 $/m³, soit une baisse de 614 FC/L pour le gasoil. Cette réduction se traduirait par une baisse du prix moyen du carburant à la pompe, bénéfique pour les consommateurs et l’économie nationale.
Cette réforme, fruit d’une collaboration entre les ministères des Hydrocarbures, des Finances et du Commerce extérieur, marque une étape importante dans la lutte contre la fraude pétrolière en RDC. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la transparence et la compétitivité du secteur des hydrocarbures.
— M. KOSI


