Le gouvernement prépare un plan pour mieux alimenter la province du Kwango en électricité. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a présenté cette stratégie au Sénat le 14 décembre 2025, avec une série de projets hydroélectriques et solaires, de quelques centaines de kilowatts à plusieurs dizaines de mégawatts.
Des barrages et du solaire pour sortir le Kwango de l’obscurité
Le cœur du plan repose sur le poste électrique de Bukangalonzo, d’une capacité de 75 MVA et d’une tension de 220/33 kV. Le ministère veut « soutirer » l’électricité à ce poste pour alimenter la ville de Kenge. L’idée est simple : utiliser une grande infrastructure déjà existante comme point d’entrée, puis étendre le réseau vers les centres de consommation.
Pour les territoires plus éloignés, le gouvernement met en avant la future centrale hydroélectrique de Mafiji. Son potentiel est estimé à 63 MW, soit une puissance capable d’alimenter plusieurs agglomérations. Cette centrale est présentée comme la principale source d’énergie pour Kahemba, Tembo, Mawungu, Kasongo-Lunda et Popokabaka. Les études techniques se poursuivent encore, ce qui signifie que le chantier n’a pas encore commencé, mais le site est identifié.
Un autre projet concerne la centrale hydroélectrique de Kingambo, d’une capacité prévue entre 3 et 5 MW. Cette petite centrale doit alimenter la cité et le territoire de Feshi. Ici, on parle de production à taille humaine, pensée pour un bassin de population limité, avec l’objectif d’apporter une fourniture plus stable que les groupes électrogènes souvent utilisés.
Le solaire entre aussi dans la stratégie. À Popokabaka, le ministère évoque une mini-centrale solaire de 300 kWc. Cette puissance reste modeste, mais elle peut déjà sécuriser l’éclairage public, certains services administratifs et une partie des ménages.
À Kasongo-Lunda, une autre mini-centrale photovoltaïque de 300 kWc est en construction, avec un réseau de distribution associé. Le ministère annonce un taux d’avancement de 90 % et la présence d’une partie des équipements sur place. Le projet est porté par l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER). Des médias locaux rapportent pourtant un arrêt des travaux depuis plusieurs mois, au point que des habitants sont descendus dans la rue le 1er décembre pour exiger la reprise du chantier. Ce décalage entre le discours officiel et la réalité sur le terrain reste au centre des inquiétudes.
Enfin, le ministre mise sur un partenariat avec l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). Ce projet prévoit une mini-centrale solaire de 500 kWc pour alimenter l’Hôpital général de Kenge et les ménages voisins. Le lancement des travaux est annoncé pour le début de l’année 2026, après la signature d’un protocole d’accord entre le ministère et la partie coréenne. Si ce calendrier est respecté, l’hôpital pourrait devenir l’un des premiers bénéficiaires d’une énergie plus fiable dans le Kwango, avec un impact direct sur la qualité des soins et la vie quotidienne des patients.
— M. KOSI


