La Banque centrale du Congo maintient une politique monétaire ferme. Le taux directeur reste fixé à 25 %, un choix qui illustre la volonté de l’institution de limiter la création monétaire et d’endiguer la poussée inflationniste, dans un environnement où les marges de manœuvre demeurent étroites. Cette décision, prise à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire à Kinshasa, intervient alors que la pression sur le franc congolais s’est atténuée, et que les risques de volatilité sont sous surveillance.
Les coefficients de la réserve obligatoire restent inchangés : 12 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale, 0 % pour les dépôts à terme en francs congolais, 13 % pour les dépôts à vue en devises étrangères et 12 % pour les dépôts à terme en devises. Ce dispositif vise à renforcer le contrôle des liquidités circulant dans le secteur bancaire, un levier crucial pour stabiliser l’économie dans un contexte de chocs externes répétés.
La désinflation est marquée : l’indice des prix à la consommation affiche une progression annuelle de 8,4 % à fin juin 2025, après avoir enregistré 20,7 % un an plus tôt. La courbe de l’inflation témoigne d’une inflexion nette, liée à la rigueur des mesures monétaires, mais aussi à la modération relative des dépenses publiques. Cette évolution offre un peu de répit aux ménages, qui ont subi de plein fouet l’érosion du pouvoir d’achat depuis deux ans.
Le franc congolais, longtemps soumis à une forte pression, se stabilise progressivement. La dépréciation n’a pas dépassé 0,9 % sur le marché interbancaire au premier semestre 2025, contre une baisse de 6 % au cours de la même période de 2024. Sur le marché parallèle, la perte de valeur s’est limitée à 0,2 %, un contraste saisissant avec l’année précédente. Cette résistance du taux de change constitue un indicateur tangible de l’efficacité des politiques restrictives menées par la Banque centrale, même si les opérateurs économiques restent attentifs à l’évolution des cours mondiaux des matières premières et à la liquidité du système bancaire.
Le maintien du taux directeur à ce niveau élevé implique que l’accès au crédit demeure onéreux pour les entreprises et les particuliers, un arbitrage assumé par la BCC pour contenir la création de monnaie et préserver la stabilité des prix. Selon une étude récente de la Banque africaine de développement, ce type de politique est souvent appliqué dans les économies émergentes exposées aux fluctuations des marchés internationaux, afin de protéger la monnaie locale contre les mouvements spéculatifs.
Le prochain rendez-vous du Comité de politique monétaire, fixé au 14 octobre 2025, sera déterminant. D’ici là, la Banque centrale continuera de surveiller les principaux indicateurs, prête à intervenir si les équilibres venaient à se détériorer. Pour l’instant, la prudence reste le maître-mot, alors que la RDC tente de consolider les gains obtenus sur le front monétaire après une longue séquence de turbulences.
— Peter MOYI


