Le gouvernement congolais a officialisé, le 4 juillet 2025, la création d’une Autorité indépendante chargée de réguler la concurrence et de protéger les consommateurs, incarnée par la Commission de la concurrence (COMCO). Ce nouvel organe, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière, sera placé sous la tutelle du ministère de l’Économie nationale, selon le décret adopté au Conseil des ministres à Kinshasa.
La réforme vise à clarifier le cadre institutionnel de la COMCO, désormais structurée autour de cinq organes distincts et dotée d’un encadrement renforcé pour son personnel spécialisé. L’objectif affiché est de renforcer la transparence et l’équilibre du marché congolais, une nécessité dans un pays où l’économie informelle représente environ 80 % des activités, selon les données de la Banque mondiale.
Sur le plan technique, cette autorité aura pour mission de surveiller les pratiques commerciales afin d’éviter les abus susceptibles de fausser la compétition et d’assurer une protection effective des consommateurs, jusque-là peu encadrés dans un contexte de croissance économique estimée à 5,8 % en 2024 par la Banque africaine de développement. L’existence d’un cadre clair et opérationnel est d’autant plus importante que la RDC cherche à attirer davantage d’investissements étrangers dans un environnement économique marqué par des défis structurels récurrents.
L’établissement de la COMCO peut être perçu comme un signal fort adressé aux investisseurs : une régulation plus rigoureuse doit limiter les risques liés aux monopoles, aux ententes illégales ou aux pratiques commerciales déloyales. En Afrique subsaharienne, des pays ayant renforcé leurs mécanismes de régulation, comme le Kenya, ont enregistré une progression notable des flux d’investissements directs étrangers, avec une augmentation de 12 % dans les années suivant la mise en place de structures comparables.
Le ministre Daniel Mukoko Samba insiste sur le rôle de cette nouvelle structure dans l’amélioration de la gouvernance économique nationale, en particulier sur la protection des consommateurs, souvent exposés à des produits non conformes ou à des pratiques commerciales abusives. La COMCO entend aussi favoriser un environnement où les acteurs économiques peuvent évoluer dans des conditions de concurrence équitables, facteur indispensable à la consolidation d’un marché intérieur dynamique et à la réduction des distorsions qui freinent la croissance.
L’application rigoureuse de ce cadre institutionnel pourrait contribuer à la stabilisation du secteur privé en RDC et à la progression des indicateurs économiques, en renforçant la confiance des acteurs locaux et internationaux. Dans un contexte régional marqué par des réformes similaires visant à moderniser les marchés, cette étape traduit une volonté de mieux encadrer les échanges commerciaux tout en protégeant les consommateurs, conditions nécessaires à la résilience économique du pays.
— Peter MOYI

