La République démocratique du Congo engage un chantier de 257 millions de dollars pour remettre en service le tronçon ferroviaire Kisangani–Ubundu, sur 115 kilomètres. La signature du contrat de concession, vendredi à Kinshasa, entre l’État congolais et un consortium réunissant la société sud-coréenne KECC et la congolaise Masco Énergie, marque le lancement imminent des travaux, programmés pour durer 36 mois. La livraison est attendue pour 2028.
Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large de réhabilitation des infrastructures de transport en RDC, où le réseau ferroviaire souffre d’années de négligence. La Banque mondiale souligne que les coûts élevés de transport freinent la croissance économique, avec un impact direct sur la compétitivité des échanges internes et régionaux. La remise en état de cette ligne est donc stratégique pour réduire l’isolement du nord-est du pays et faciliter la circulation des marchandises et des personnes.
Le financement global de 257 millions de dollars inclut un appui de la banque locale Equity BCDC, ce qui illustre une collaboration entre acteurs internationaux et nationaux. Cette mobilisation financière reflète aussi les défis que rencontre la RDC pour moderniser ses infrastructures malgré des ressources limitées.
Les travaux débuteront sous peu, après des études de faisabilité jugées satisfaisantes. Ils devront répondre à des exigences techniques rigoureuses pour assurer la durabilité d’un chemin de fer longtemps délaissé, soumis aux aléas climatiques et à une usure importante. La complexité du terrain et l’étendue du tronçon nécessitent une planification méticuleuse.
La modernisation de cette ligne ferroviaire participe à la vision gouvernementale d’intégration nationale par les transports. Le chantier contribuera à connecter plusieurs provinces en améliorant les échanges économiques régionaux, en particulier entre Kisangani, centre logistique essentiel, et Ubundu, porte vers l’est.
La réussite de ce projet est capitale pour l’économie locale. Le secteur des transports représente environ 7 % du PIB congolais, mais l’état actuel des infrastructures réduit considérablement ce potentiel. Le redressement du réseau ferroviaire pourrait également attirer de nouveaux investissements, essentiels à la diversification économique et à la création d’emplois.
Au-delà de l’aspect économique, la réhabilitation ferroviaire peut jouer un rôle dans la stabilisation sociale et politique des régions concernées, en offrant des alternatives à l’isolement chronique, facteur d’exclusion et de vulnérabilité.
— Peter MOYI


