La mobilisation budgétaire en République démocratique du Congo s’est renforcée à la veille de la fin juillet 2025. Les services d’assiette de l’État ont enregistré un total de 3.170,7 milliards de francs congolais en recettes, soit près de 1,1 milliard de dollars selon la Banque Centrale. La Direction générale des impôts se démarque nettement avec 1.767,7 milliards CDF collectés, tandis que la Direction générale des douanes et accises a contribué à hauteur de 488,5 milliards CDF, et la Direction générale des recettes administratives et domaniales clôture avec 361,9 milliards CDF. Ces chiffres confirment la place prédominante de la DGI dans le dispositif fiscal, sans négliger l’apport significatif des douanes et des recettes administratives qui complètent le tableau.
Sur le front des dépenses, plus de 2.252 milliards de CDF ont déjà été engagés, dont la moitié est absorbée par la masse salariale des agents et fonctionnaires de l’État. Les frais de fonctionnement des institutions et ministères continuent, pour leur part, de représenter une part importante des sorties de trésorerie. Ce déséquilibre entre recettes et dépenses reste un défi permanent pour la gestion publique. D’ailleurs, le plan de trésorerie pour le mois de juillet table sur une collecte attendue de 3.120 milliards CDF, principalement grâce au deuxième acompte de l’impôt sur les bénéfices et profits de l’exercice en cours. Pourtant, les dépenses totales prévues pour la même période devraient atteindre 3.432 milliards CDF, signe d’une pression persistante sur les finances de l’État.
Dans ce contexte, le recours au marché intérieur des titres de dette prend de l’ampleur. Le calendrier pour le troisième trimestre prévoit des émissions de Bons du Trésor à 6 mois et d’Obligations à 18 mois pour un montant global de 100 milliards CDF. Plus marquant encore, le gouvernement affiche sa volonté de lever 400 millions de dollars à travers des Bons et Obligations du Trésor libellés en USD. Cette stratégie traduit la recherche de nouvelles ressources, tout en diversifiant les outils de financement à disposition du Trésor public.
Au 23 juillet, l’encours global de la dette intérieure s’établit à 5.575,1 milliards de CDF, contre 5.481,6 milliards une semaine plus tôt. Rapporté au dollar, cela représente près de 1,75 milliard USD. Cette progression témoigne des besoins de financement toujours plus importants, alors que l’équilibre budgétaire reste sous tension. Le rythme soutenu des émissions de titres soulève, toutefois, des interrogations sur la soutenabilité de la dette. Un analyste financier à Kinshasa rappelle qu’une gestion rigoureuse et une politique claire de remboursement s’imposent pour préserver la confiance des investisseurs et garantir la stabilité macroéconomique.
— M. KOSI


