La RDC mise sur le reboisement : 870 millions de dollars déjà mobilisés

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Depuis 2019, la République démocratique du Congo s’est engagée dans une ambitieuse initiative environnementale : planter un milliard d’arbres à travers le pays. Ce projet, initié sous la direction du président Félix Tshisekedi, reflète les efforts du pays pour répondre aux défis climatiques tout en préservant ses richesses naturelles. À ce jour, 870 millions de dollars ont été investis, soit 87 % du financement initialement prévu d’un milliard de dollars.

Selon Eve Bazaiba, ministre de l’Environnement et du Développement durable, ce montant a permis de donner vie à cette vision malgré les obstacles. Elle a insisté sur le fait que chaque arbre nécessite des coûts variés, couvrant non seulement la plantation, mais aussi la préparation des sols, l’entretien et la surveillance. Ces efforts se sont concrétisés dans 11 provinces, où des centaines d’hectares ont déjà été couverts, grâce à des collaborations entre le gouvernement et ses partenaires.

Cependant, l’initiative n’a pas échappé à des défis de taille, notamment liés à la gestion des terres. Des conflits d’usage ont ralenti la progression, notamment à Likasi et dans le parc de N’sele, où des espaces initialement destinés à la plantation ont été occupés par d’autres acteurs. Sur 3 000 hectares prévus dans ce parc, seuls 1 500 ont été disponibles, et seulement 300 hectares ont été effectivement reboisés. Face à cette situation, la ministre a lancé un appel aux autorités pour qu’elles agissent fermement afin de sécuriser les zones allouées.

Au-delà des problématiques foncières, des questions se posent également sur la transparence financière entourant ce projet. Certains observateurs et membres de la société civile dénoncent des zones d’ombre dans l’utilisation des fonds alloués. En 2023, Eve Bazaiba avait elle-même exprimé des préoccupations concernant l’absence de rapports détaillés sur les comptes bancaires liés à ce projet ou encore les bénéficiaires des financements parmi les ONG impliquées.

Malgré ces tensions, le projet illustre la volonté du pays de devenir un acteur clé dans la lutte mondiale contre la déforestation. Si des mesures urgentes sont prises pour résoudre les entraves administratives et renforcer la transparence, cette initiative pourrait non seulement transformer les paysages de la RDC, mais aussi inspirer d’autres nations africaines à adopter des politiques environnementales audacieuses.

M. MATUVOVANGA

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