La Chambre des Mines de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) soutient la suspension temporaire des activités de traitement et de commercialisation des minerais issus de l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt. Elle appuie l’Arrêté ministériel n°00964, signé le 19 décembre 2025 par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et présenté comme une étape pour remettre de l’ordre dans la filière.
Dans un communiqué publié à Kinshasa le 12 janvier 2026, l’organisation patronale explique que cette suspension doit permettre d’« assainir, réguler et restructurer » l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt. L’objectif affiché est de restaurer des règles claires dans une chaîne de valeur où des pratiques jugées problématiques ont, selon la Chambre des Mines, fragilisé la crédibilité du secteur et pesé sur les finances publiques.
Pour la Chambre des Mines, l’enjeu central est la traçabilité. En clair, il s’agit de pouvoir suivre l’origine des minerais, savoir qui les a produits, par quels circuits ils passent et dans quelles conditions ils sont vendus. Sans cette traçabilité, la filière devient plus vulnérable à la fraude et aux circuits informels, avec un manque à gagner potentiel pour l’État et un brouillage des responsabilités.
L’organisation insiste aussi sur la légalité et la transparence dans la chaîne de valeur cupro-cobaltifère. Elle affirme que la suspension vise notamment à répondre à des dérives comme la fraude, l’absence de suivi de l’origine des minerais et l’intervention d’entités non autorisées dans la commercialisation.
La Chambre des Mines précise qu’elle ne remet pas en cause l’exploitation artisanale en elle-même. Elle rappelle qu’elle peut jouer un rôle économique quand elle respecte le cadre légal et réglementaire, car elle contribue à l’emploi et aux revenus des communautés locales. Mais l’organisation estime que cela suppose des règles appliquées et des mécanismes de contrôle qui fonctionnent.
Une période de suspension pour remettre en place la traçabilité et un cadre formel
Des spécialistes cités estiment que la suspension ouvre une période utile pour réorganiser la filière. L’idée est de profiter de cette « fenêtre » pour corriger ce qui ne fonctionne pas dans la chaîne de valeur, en particulier sur le suivi des flux et l’identification des acteurs autorisés.
Se présentant comme partenaire de l’État, la Chambre des Mines dit vouloir travailler avec le ministère des Mines pour promouvoir « des mécanismes de traçabilité fiables » et soutenir la mise en place d’un cadre « structuré, formel et économiquement viable ». L’organisation affirme que ce cadre doit aussi bénéficier aux exploitants artisanaux légalement établis, afin que l’activité puisse se poursuivre dans des conditions plus claires une fois la suspension levée.
Pendant la période de suspension, la Chambre des Mines appelle l’ensemble des opérateurs à la responsabilité et à la conformité, en expliquant que la réussite des réformes dépendra d’une discipline collective et du respect des règles posées par les autorités.
— M. MASAMUNA



