Buenassa discute avec UBA du financement de sa raffinerie et de l’achat d’un actif minier au Katanga

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Buenassa a ouvert des discussions avec United Bank for Africa, UBA, en RDC autour de deux dossiers, le financement de sa raffinerie et l’appui à l’acquisition d’un actif minier local au Katanga actuellement en vente. L’entreprise met en avant un objectif industriel clair, verrouiller l’approvisionnement en minerai sur plus de 20 ans pour réduire le risque de rupture de production et améliorer la bancabilité du projet.

La rencontre a réuni Eddy Kioni, directeur général de Buenassa, Joe Mbu, conseiller du directeur général pour les projets spéciaux, ainsi que Michael Kayembe, nouveau directeur général d’UBA en RDC, accompagné d’Evodie Tshimanga, responsable de la stratégie minière de la banque. L’échange s’inscrit dans l’orientation des autorités congolaises qui pousse à la transformation locale des minerais, plutôt qu’à l’exportation de produits bruts.

Un montage de financement à plusieurs étages, pour limiter les risques et attirer les prêteurs

Dans ce type de projet, le point technique central est la capacité à réunir des financements longs, compatibles avec les cycles miniers et industriels. Une raffinerie n’est pas un simple investissement commercial, elle suppose des dépenses initiales élevées, puis des revenus étalés dans le temps. Les banques et les partenaires financiers regardent d’abord trois éléments, la sécurité d’approvisionnement, la capacité à écouler la production, et la solidité du montage financier.

C’est ici que l’acquisition d’un actif minier au Katanga prend tout son sens. Pour Buenassa, posséder ou contrôler une source de minerai permet de réduire le risque dit d’alimentation, c’est le risque de ne pas avoir assez de matière première pour faire tourner l’usine. En annonçant un horizon de plus de 20 ans, l’entreprise cherche à donner de la visibilité sur les volumes futurs. Cette visibilité compte dans l’analyse de crédit, car elle soutient la stabilité des flux de trésorerie attendus et rend le remboursement de la dette plus lisible.

Buenassa veut aussi accélérer l’intégration verticale, de l’extraction jusqu’au raffinage, avec une extension vers le négoce et le stockage stratégique. Pour un financeur, cette logique vise à renforcer la résilience opérationnelle, mieux contrôler les marges, et réduire la dépendance à des fournisseurs ou à des intermédiaires. Elle transforme aussi le profil de l’entreprise, d’un projet industriel en démarrage vers un acteur minier en exploitation, ce qui change la manière dont le risque est évalué.

Sur le plan du financement, Buenassa évoque une approche multi sources. L’idée est de combiner des banques commerciales africaines, des institutions financières de développement régionales, des institutions locales, et des partenaires internationaux, avec un rôle annoncé pour les États Unis, ainsi qu’un appui de l’État congolais. Cette architecture sert un objectif pratique, répartir le risque entre plusieurs types d’acteurs et éviter de dépendre d’un seul guichet. Les banques commerciales apportent souvent des prêts structurés et des services transactionnels. Les institutions de développement peuvent apporter des maturités plus longues ou des garanties. Les institutions locales facilitent l’ancrage dans le système financier congolais.

Si les échanges aboutissent, le sujet pour la suite sera la structure exacte, dette, fonds propres, garanties, et conditions liées à la gouvernance du projet et à la sécurisation de l’actif minier. Dans l’industrie minière, c’est souvent ce niveau de détail qui fait passer un projet du discours à la clôture financière.

M. MASAMUNA

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