La finalisation du baliseur de la Régie des Voies Maritimes (RVM) attend toujours un engagement financier du gouvernement congolais. Sur le chantier naval de Kongolo, dans le Tanganyika, l’équipement destiné à sécuriser la navigation sur la Lualaba reste à quai, faute de moyens. Lundi à Kinshasa, Pierre Madima Nsakala, ingénieur civil et responsable des opérations techniques pour la RVM, a plaidé pour une intervention rapide de l’exécutif afin de débloquer le dossier.
Depuis septembre dernier, le superviseur technique et son équipe attendent à Kinshasa le feu vert financier qui leur permettrait d’acquérir sur place les équipements indispensables à l’achèvement du chantier. Sans ces matériels, impossible d’envisager le retour sur le terrain. « Dès que la somme sera disponible, l’achat du matériel pourra être effectué localement avant l’acheminement vers Kongolo, étape préalable au redéploiement de l’équipe technique », précise-t-il.
Le blocage a fini par pousser la direction à suspendre purement et simplement les travaux. Tous les techniciens mobilisés ont été rappelés à Kinshasa, un choix dicté par l’épuisement de la trésorerie et l’incertitude sur la suite du projet. Avant toute reprise, la priorité reste l’acheminement par avion du matériel manquant à Kongolo. Impossible, selon l’ingénieur, de boucler la mission sans cette étape logistique.
Un chantier à l’arrêt, un enjeu de sécurité
Les travaux, évalués à 300 000 dollars américains, sont réalisés à près de 80 %. Il ne reste que la pose de la grue, l’installation de la tuyauterie et le raccordement des moteurs au circuit gazole. Trois mois de travail sont nécessaires dès la remise à flot du baliseur pour conclure le chantier. Derrière ce retard, c’est toute la sécurité de la navigation sur la Lualaba qui est en jeu. La mise en service du baliseur permettra d’installer de nouvelles balises et de renforcer la signalisation entre Kindu, Ubundu et Bukama, un corridor où les naufrages se sont multipliés ces derniers mois.
Selon les chiffres communiqués par la RVM et relayés par des experts du secteur, plus d’une dizaine d’incidents graves ont été recensés depuis le début de l’année sur ce tronçon stratégique pour l’économie du Sud-Est. À chaque fois, l’absence d’une signalisation adaptée a été pointée du doigt, mettant en lumière l’urgence de moderniser les équipements fluviaux.
Le baliseur de Kongolo n’est pas qu’un simple outil technique : c’est une pièce maîtresse pour sécuriser le trafic fluvial, faciliter les échanges commerciaux et protéger des vies. Sans relance rapide du financement, le risque de nouveaux drames sur la Lualaba reste bien réel. Les opérateurs économiques et les usagers attendent désormais un signal fort des pouvoirs publics, à la hauteur de l’enjeu.
— M. KOSI

