Le contrat liant South Energie et la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO) a été suspendu suite à une décision prise à Kinshasa par le Directeur général de la SOKIMO. Cette suspension intervient après une réunion entre une délégation de députés nationaux de la province de l’Ituri et le ministre du Portefeuille.
Jefferson Abdallah Pele Mbaka, député national d’Ituri, a confirmé cette décision. « Le Directeur général de la SOKIMO nous a informés de la suspension du contrat avec South Energie. Toutes les parties concernées se retrouveront autour de la table pour examiner les termes de cet accord et évaluer les modifications nécessaires », a-t-il précisé.
Cette décision marque un tournant dans les relations entre SOKIMO et South Energie, un partenariat longtemps critiqué par les travailleurs de la SOKIMO pour sa gestion financière opaque et ses résultats mitigés. Le ministre du Portefeuille, Jean Lucien Bussa, a par ailleurs exigé que le comité de gestion de la SOKIMO élabore un plan stratégique pour relancer les activités de l’entreprise. En outre, il a mandaté une équipe d’audit du Conseil supérieur du portefeuille pour effectuer une descente sur les sites miniers de la SOKIMO afin de dresser un état des lieux complet.
Cette mesure survient dans un contexte de grève généralisée des travailleurs de la SOKIMO. Depuis plusieurs jours, les agents et cadres manifestent dans les provinces de Kinshasa, Tshopo, Ituri et Haut-Uélé. Leur revendication principale concerne le paiement de 118 mois d’arriérés de salaires. Les employés réclament également la résiliation immédiate du contrat avec South Energie et la suspension du Directeur général actuel, Pistis Bonongo Tokole, accusé de mauvaise gestion et de détournement de fonds destinés aux salaires des travailleurs.
Les employés exigent que la nouvelle stratégie de relance prenne en compte la situation financière précaire de l’entreprise et assure une transparence totale dans la gestion future. Le contrat entre SOKIMO et South Energie avait, selon plusieurs sources, pour objectif de redynamiser l’exploitation minière à Kilo-Moto. Cependant, la collaboration n’a pas réussi à produire les effets escomptés, plongeant l’entreprise publique dans une crise de confiance.
La SOKIMO, entreprise publique, a besoin d’une stratégie de redressement efficace pour rassurer les travailleurs et les investisseurs. Pour rappel, cette société détient des permis d’exploitation minière dans l’Ituri, une région riche en ressources minières, mais ses performances financières et opérationnelles restent en deçà des attentes. Le bras de fer avec South Energie a exacerbé les tensions, entraînant une pression accrue de la part des travailleurs qui demandent la fin de ce contrat jugé peu avantageux pour l’entreprise.
L’avenir de la SOKIMO dépendra désormais de la capacité de ses dirigeants à mettre en place une gestion plus rigoureuse et une utilisation optimale de ses ressources, afin de stabiliser les finances de l’entreprise et d’assurer le paiement régulier des salaires. Cette suspension pourrait ainsi marquer le début d’un nouveau chapitre pour cette société minière, dont les défis économiques sont encore nombreux.






