Le Gouvernement congolais projette un budget du Pouvoir central de 59 020,5 milliards CDF pour l’exercice 2026. Ce montant traduit une hausse de 16,4 % par rapport à la loi rectificative 2025 fixée à 50 691,8 milliards CDF. L’exécutif présente un équilibre apparent entre recettes et dépenses, mais la robustesse de cette trajectoire dépendra de la capacité à sécuriser les ressources internes et à maîtriser la stabilité monétaire.
Pression sur les recettes fiscales et vulnérabilité du change
Les prévisions macroéconomiques accompagnant ce budget reposent sur une inflation moyenne de 7,1 % et un taux de change stabilisé autour de 2 900 CDF/USD. Le PIB réel est attendu à 40 136,1 milliards CDF, pour un PIB nominal de 268 911,7 milliards CDF, tandis que la croissance du secteur minier est estimée à 5,8 %.
Côté recettes, le Gouvernement espère mobiliser 36 346,1 milliards CDF sur le plan interne, soit une progression de 18,6 %. Les financements extérieurs représenteraient 32,3 % du budget, avec 17 307,9 milliards CDF. Les recettes courantes, évaluées à 34 835,0 milliards CDF, progresseraient de 16,5 %. Les douanes et accises devraient rapporter 7 472,5 milliards CDF, contre 6 693,1 milliards en 2025 (+11,6 %).
Des économistes interrogés soulignent le risque d’écart entre les ambitions et la réalité de terrain. « Sans une lutte ferme contre la fraude et l’évasion, ces chiffres resteront hors d’atteinte », avertit un consultant financier. D’autres analystes insistent sur la fragilité du Franc congolais : toute dépréciation brutale autour des 2 920 CDF/USD pourrait alimenter l’inflation et alourdir le déficit, réduisant le pouvoir d’achat des ménages.
La réussite de ce budget passera donc par la modernisation des régies financières, l’efficacité dans l’absorption des ressources extérieures et la discipline monétaire. À défaut, préviennent les experts, l’ambition affichée par Kinshasa pourrait rester cantonnée aux prévisions.
— Peter MOYI



