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Miguel Kashal Katemb : investisseur transfrontalier, adepte du contenu local et de la discipline contractuelle

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Né le 4 avril 1979 à Kolwezi, formé en management à l’Université du Witwatersrand, Miguel Kashal Katemb a bâti un portefeuille d’activités en mines, boissons, énergie, industrie, fournitures et services, avec des opérations en RDC, Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud. Depuis le 15 novembre 2022, il dirige aussi l’ARSP, où il pousse une logique de marchés ouverts aux opérateurs congolais.

Capex, gouvernance et accès au marché : sa grille de lecture

Le cœur de sa trajectoire reste l’entreprise. Avant la régulation, il s’est frotté aux cycles de production, aux coûts logistiques et aux contrats d’approvisionnement. Cette expérience nourrit une lecture très financière des chaînes d’approvisionnement : réduire les coûts de transaction, sécuriser les délais de paiement, stabiliser la qualité et rapatrier davantage de marges dans l’économie locale. La « congolisation » qu’il défend à l’ARSP traduit cette logique d’investisseur : élargir la base de fournisseurs nationaux pour retenir la valeur, tout en imposant une discipline contractuelle aux donneurs d’ordres et aux sous-traitants. Il l’assume d’ailleurs en des termes directs : « créer des millionnaires congolais » par l’accès réel aux marchés, pas par la rente.

Le terrain politique et administratif a servi de laboratoire. Conseiller au Haut-Katanga dès 2015, puis chargé de missions au cabinet du gouverneur en 2016, il enchaîne avec une confirmation au cabinet (2017-2018). En 2018, il est élu député provincial de Sakania et prend la présidence de la commission économique et financière de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. En 2019, il devient ministre provincial des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat au sein du gouvernement Kyabula. Les travaux routiers urbains engagés à cette période visent un objectif clair du point de vue d’un opérateur : réduire les coûts logistiques et les temps d’arrêt qui grèvent la productivité.

À l’ARSP, la feuille de route reste cohérente avec ce prisme d’homme d’affaires. Entré en fonctions le 25 novembre 2022, il lance en septembre 2023 une mission de contrôle des entreprises pour faire respecter la loi sur la sous-traitance et éliminer les prête-noms, condition essentielle pour une concurrence saine et des contrats exécutés par des acteurs réellement domiciliés en RDC. Le 4 avril 2025, il présente à la Présidence un état des lieux global de la sous-traitance : un reporting destiné à éclairer les arbitrages et à mesurer les effets sur l’accès au marché des PME locales.

La reconnaissance suit du côté des pairs et des plateformes sectorielles. En septembre 2024, un diplôme de mérite du magazine Forbes le distingue parmi les managers africains de l’année pour son action en faveur de l’entrepreneuriat en RDC. Sur le circuit professionnel, il intervient régulièrement à la DRC Mining Week et figure comme orateur à la Mining Indaba 2025 pour détailler les mécanismes d’application du cadre de la sous-traitance et leurs effets attendus sur la production et les achats locaux.

Au final, le fil conducteur tient en trois leviers d’investisseur : discipline contractuelle, montée en qualité des fournisseurs nationaux et meilleure capture des marges au sein de l’économie congolaise. La capacité des entreprises locales à tenir les cahiers des charges fera la différence, tout comme la permanence d’un contrôle crédible sur l’exécution des contrats.

— M. KOSI

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