Milvest à l’arrêt : Grève sur fond de 6,3 millions de dollars de contrat et 4 mois de salaires impayés

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Les activités de Milvest, anciennement Tissakin, sont actuellement suspendues en raison d’une grève des salariés. Ce mouvement, amorcé fin juillet, a été causé par un retard de quatre mois dans le versement des salaires. En conséquence, les ateliers chargés de la production des façades pour des projets emblématiques, comme le Centre financier et le Palais de justice, sont désormais à l’arrêt.

Les arriérés de salaires ont conduit à la grève, révélant des tensions persistantes au sein de l’entreprise. Actuellement, le site est sous surveillance minimale, avec seulement quelques employés turcs et trois gardiens sur place, qui eux aussi sont privés de salaire. L’un des gardiens a indiqué : « Les ouvriers congolais ne se présentent plus. Nous continuons de garder les installations et les matériaux laissés en l’état, bien que nous ne soyons pas non plus rémunérés. »

Le contrat relatif aux travaux de façade, d’un montant de 6.285.825 dollars, a été signé en août 2023, comme le confirment les documents officiels. Cependant, les affirmations de Turhan Mildon, le milliardaire associé à Milvest, concernant une gestion efficace des salaires et des soins médicaux semblent contredites par la situation observée sur le terrain. Cette incohérence met en lumière des questions importantes sur la transparence et la gestion des fonds affectés à ces projets.

Milvest n’est pas étranger aux conflits sociaux. Des grèves similaires ont eu lieu sur d’autres chantiers, comme ceux du Centre financier et du Palais de justice. Ces incidents ont souvent nécessité l’intervention du ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, pour résoudre les problèmes de paiement. Malgré ces interventions, les grèves continuent, comme le démontre la situation actuelle sur le chantier de l’Arena.

Le financement des projets de Milvest provient principalement du Trésor public, avec environ 16 millions de dollars alloués, selon les informations du ministère des Finances. Aucune preuve de paiement direct par Miller Holding ou Milvest n’a été trouvée, ce qui suggère que l’entreprise a largement recours aux fonds publics pour ses opérations. Cette situation soulève des questions sur l’utilisation des ressources publiques et la possibilité que ces marchés auraient pu bénéficier à des entités locales ou internationales plus fiables.

Cette crise chez Milvest met en lumière des problématiques majeures liées à la gestion des investissements étrangers et à l’utilisation des fonds publics. Les retards de paiement et les problèmes de transparence soulignent la nécessité d’une régulation renforcée et d’une meilleure surveillance des entreprises opérant avec des fonds publics en RDC. Cette affaire invite à une réflexion approfondie sur les pratiques de gestion des fonds et la responsabilité des investisseurs étrangers.

M.KOSI

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