Le 4 février 2026 à Washington DC, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a pris part à la première réunion ministérielle consacrée aux minéraux critiques, avec des délégations de plus de cinquante pays. Il a rappelé deux chiffres qui résument le poids de la RDC : plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et environ 10 % de celle du cuivre.
Au nom du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, le ministre a salué l’initiative américaine qui vise à renforcer la coopération autour de chaînes d’approvisionnement dites « responsables ». Derrière cette formule, il s’agit de sécuriser des métaux indispensables aux batteries, aux réseaux électriques, aux technologies numériques et à certaines industries de défense, tout en exigeant plus de traçabilité et de règles claires.

Dans son intervention, Louis Watum Kabamba a aussi mis en avant les performances du secteur minier congolais : les exportations minières ont dépassé 25 milliards USD en 2024. Il a ajouté que la RDC dispose d’un potentiel géologique encore très largement sous-exploré, avec plus de 90 % du territoire minier présenté comme non encore exploré, et une valeur de ressources estimée à plus de 25 000 milliards USD.
Une promesse, passer de l’extraction à la chaîne de valeur intégrée
Le message central porté à Washington est simple : la RDC veut sortir d’un modèle où elle exporte surtout des minerais bruts, pour monter progressivement vers une chaîne de valeur intégrée, plus industrielle et plus technologique. Concrètement, l’objectif affiché est de créer davantage d’emplois et de capter une part plus élevée de la valeur, au lieu de laisser l’essentiel des marges à l’extérieur.
Le ministre a cité des initiatives qu’il présente comme structurantes. Parmi elles figure le projet MIFOR, annoncé comme dédié au développement des ressources en minerai de fer de la Grande Orientale. Il a aussi évoqué des programmes nationaux d’exploration destinés à élargir l’offre mondiale en minéraux critiques. L’idée est d’augmenter la connaissance du sous-sol, d’ouvrir de nouveaux gisements, et de mieux planifier les investissements, car l’exploration est la première étape avant toute mine moderne.
Sur le plan des partenariats, la RDC a déclaré sa disponibilité à développer, avec des partenaires, des actifs miniers à fort potentiel. Le ministre a insisté sur trois notions : le respect des cadres juridiques, la transparence, et une réglementation prévisible. Pour les investisseurs, ces points comptent autant que la richesse du sous-sol, car ils conditionnent le financement, la durée des projets et la gestion des risques.

Dans le même esprit, Louis Watum Kabamba a défendu l’idée que les investissements « responsables » peuvent peser sur la stabilité. Le raisonnement est le suivant : quand l’activité minière s’inscrit dans des règles, avec plus de traçabilité et des retombées locales mieux organisées, elle peut contribuer à réduire les économies de conflit et à soutenir une logique de coopération.
Le ministre a aussi mentionné une annonce faite à Washington ces derniers jours : le projet Vault, présenté comme une réserve stratégique américaine de minéraux critiques, d’une valeur de 12 milliards de dollars, associée à une société implantée en RDC, et annoncée aux côtés du Président Donald Trump à la Maison-Blanche. Pour Kinshasa, ce signal sert à montrer que la RDC est devenue un acteur incontournable dans la discussion mondiale sur les métaux stratégiques.
En clôture, Louis Watum Kabamba a réaffirmé l’ouverture du pays aux capitaux, aux technologies et à l’expertise internationale, en reprenant une formule directe : « La République démocratique du Congo est ouverte aux affaires. »
— M. KOSI

