Le nickel a touché 16 945 $/tonne sur le London Metal Exchange avant de revenir à 16 875 $, porté par une suspension d’activités de Vale en Indonésie. L’aluminium, lui, a franchi 3 000 $/tonne pour la première fois depuis plus de trois ans et demi.
Le nickel s’est hissé à un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis plus de 14 mois sur le LME, la Bourse de référence pour plusieurs métaux industriels. Le contrat à trois mois a gagné 1,8 % en matinée, jusqu’à 16 945 $/tonne, puis le prix a reflué à 16 875 $/tonne.
À l’origine de ce mouvement, le groupe minier Vale, qui a annoncé devoir suspendre ses opérations minières en Indonésie. En cause, un retard dans l’approbation de son plan de production annuel. Vale affirme que ce décalage ne remet pas en cause la viabilité opérationnelle globale du site et dit s’attendre à une autorisation « dans un avenir proche ».
Ce regain intervient après une période difficile pour le nickel, marqué par des craintes de sur-approvisionnement, c’est-à-dire un risque d’offre supérieure à la demande. En décembre, le métal a rebondi de 12,3 %, après la proposition de l’Indonésie de réduire sa production d’un tiers en 2026. Le ministre indonésien des Mines, Bahlil Lahadalia, a aussi indiqué cette semaine que le gouvernement allait réduire ses quotas de production minière pour soutenir les cours des matières premières.
Une offre plus incertaine, des coûts plus lourds, et des prix qui réagissent vite
L’aluminium a, de son côté, dépassé la barre des 3 000 $/tonne, un seuil qui n’avait plus été franchi depuis plus de trois ans et demi. Le marché surveille notamment la fonderie Mozal, au Mozambique, dont une fermeture est évoquée. Une fonderie est un maillon central de la chaîne, car elle transforme l’alumine en aluminium métal, ce qui pèse directement sur les volumes disponibles.
En Europe, un autre facteur entre en jeu : les importations d’aluminium sont désormais soumises à une taxe carbone, ce qui renchérit le coût des achats pour les industriels. Pour les secteurs qui consomment beaucoup d’aluminium, comme l’automobile, l’emballage ou le bâtiment, cette hausse des coûts peut se répercuter sur les prix finaux ou sur les marges.
Dans les métaux précieux, le mouvement est aussi orienté à la hausse après des prises de bénéfices en fin d’année 2025. L’or a progressé de 2 %, à 4 397 $.
— M. KOSI



