L’inauguration de l’usine Oxygaz RDC, le 19 juillet 2025 à Limete, marque une étape technique importante dans la sécurisation de l’approvisionnement en gaz médicaux en République démocratique du Congo. Ce site industriel, filiale du Groupe Mike Food & Services (MFS), se positionne comme le premier du pays à produire localement de l’oxygène médical, du gaz pharmaceutique, industriel et aéronautique. Un investissement total de 3,6 millions de dollars a permis la réalisation de cette installation, dont 2 millions proviennent de fonds privés congolais et 1,6 million du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), un levier institutionnel majeur pour la modernisation de l’appareil productif national.
L’enjeu central reste l’accès à l’oxygène médical, élément vital dans le traitement des pathologies graves. Selon les données du président du Groupe MFS, Mike Lundadila Koketua, 75 % des hôpitaux du pays n’ont jamais reçu de livraison d’oxygène depuis leur ouverture, révélant l’ampleur du déficit logistique. À ce jour, seules 15 % des structures hospitalières bénéficient d’un approvisionnement régulier, ce qui expose la population à des risques accrus, notamment lors de crises sanitaires.
Le lancement d’Oxygaz RDC illustre l’entrée en production d’une unité stratégique pour l’économie locale, en réduisant la dépendance aux importations et en sécurisant la disponibilité d’un intrant clé pour le secteur médical et industriel. Le Groupe MFS, fondé en 2018 et déjà présent dans l’agroalimentaire, l’immobilier, la logistique, le commerce général et les mines, renforce ainsi son ancrage dans la chaîne de valeur industrielle congolaise.
La création de 50 emplois directs et de 100 emplois indirects, avec des perspectives d’extension dans d’autres provinces, témoigne d’un impact immédiat sur le tissu socio-économique local. D’un point de vue technique, la fabrication sur place de bouteilles d’oxygène et d’azote permettra de stabiliser les prix, d’améliorer la disponibilité pour les hôpitaux et de garantir une meilleure traçabilité du produit, conforme aux exigences sanitaires internationales.
Ce modèle industriel, soutenu par une articulation entre capitaux privés et financement public via le FPI, pourrait servir de référence pour d’autres filières stratégiques en RDC, où la valeur ajoutée locale demeure encore faible. Les observateurs du secteur s’accordent à souligner que la multiplication de telles initiatives reste indispensable pour réduire la fragilité de l’économie congolaise face aux chocs externes et renforcer la souveraineté industrielle du pays.
— M. MASAMUNA



