Le parquet général près la Cour constitutionnelle a requis une peine de 20 ans de travaux forcés contre Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, pour détournement présumé de fonds publics dans le cadre du projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Cette affaire concerne également Déogratias Mutombo, ex-gouverneur de la Banque centrale, et Christo Grobler, homme d’affaires sud-africain. Le verdict est attendu pour le 14 mai 2025.
Le projet de Bukanga-Lonzo, lancé en 2014, visait à développer un parc agro-industriel de 75 000 hectares pour renforcer la sécurité alimentaire du pays. Cependant, selon l’Inspection générale des finances (IGF), sur les 285 millions de dollars alloués, seuls 34 millions ont été justifiés, laissant 205 millions sans justification claire. Le ministère public accuse Matata Ponyo d’avoir orchestré ce détournement via des sociétés écrans, avec l’aide de ses coaccusés.
Lors de l’audience du 23 avril, aucun des trois prévenus ne s’est présenté. Matata Ponyo a invoqué son immunité parlementaire, tandis que Mutombo et Grobler ont avancé des raisons de santé. Malgré ces absences, la Cour a poursuivi l’examen du dossier, s’appuyant notamment sur les témoignages de trois inspecteurs des finances.
Le procureur général a requis, en plus des peines de prison, l’inéligibilité de Matata Ponyo pour une durée de 10 ans, celle de Mutombo pour 5 ans, et l’expulsion de Grobler du territoire congolais après l’exécution de sa peine. Il a également demandé l’interdiction d’accès aux fonctions publiques pour les trois accusés.
La défense, représentée par Me Laurent Onyemba, conteste la compétence de la Cour constitutionnelle pour juger un député en fonction, arguant que deux des juges siègent au-delà de leur mandat. Il dénonce une procédure entachée d’irrégularités et affirme que le procès est politiquement motivé pour écarter Matata Ponyo de la scène politique.
Le verdict de cette affaire emblématique est attendu avec attention, tant pour ses implications judiciaires que politiques.
— M. KOSI


