Entre janvier et août 2025, l’État congolais a levé 1,31 milliard USD grâce à l’émission de titres publics en devises, d’après les statistiques de la Banque centrale du Congo (BCC). Cette opération confirme l’attrait des investisseurs pour les instruments de dette souveraine, dans un contexte marqué par des besoins persistants de financement du budget national.
Une progression soutenue mais sous surveillance
Au 4 septembre 2025, l’encours des Bons et Obligations du Trésor atteignait 6 010,2 milliards de CDF, en hausse par rapport aux 5 803,1 milliards enregistrés une semaine plus tôt. Cette évolution traduit la fréquence et la régularité des adjudications sur le marché intérieur, qui constituent une source clé de liquidité pour l’État.
En parallèle, la BCC estime à environ 1,9 milliard USD le montant des remboursements dus en devises. Ce volume reste maîtrisable mais représente une pression réelle sur la balance des paiements, en raison de la volatilité du franc congolais face au dollar. L’orientation prise par le Trésor vers des titres en devises permet de diversifier les sources de financement, mais accroît mécaniquement l’exposition au risque de change.
Les spécialistes du secteur saluent l’élargissement du marché financier domestique, tout en appelant à une vigilance accrue. Une dette libellée en devises, si elle progresse trop rapidement, peut limiter les marges de manœuvre budgétaires et peser sur la stabilité monétaire. La capacité du gouvernement à conjuguer mobilisation de ressources et discipline dans la gestion de l’endettement sera déterminante pour maintenir la confiance des investisseurs.
— Peter MOYI



