Les décaissements opérés sous procédure d’urgence en République démocratique du Congo révèlent un déséquilibre marqué. D’après les chiffres du Ministère des Finances arrêtés à fin août 2025, seuls 2 % de ces fonds ont concerné des dépenses civiles. L’essentiel, soit 98 %, a été consacré aux opérations militaires et à la sécurisation du territoire, conséquence directe de l’occupation de Goma, Bukavu et d’une partie du Sud-Kivu par des groupes armés soutenus par le Rwanda.
Une gestion encadrée pour contenir les risques financiers
Face à ce contexte, le ministre des Finances Doudou Fwamba mise sur un cadre budgétaire plus strict afin d’éviter tout dérapage. Trois garde-fous sont appliqués. Premièrement, aucune dette publique ni dépense de fonctionnement classique n’est réglée par ce mécanisme. Deuxièmement, seules les interventions validées par l’arrêté interministériel Budget-Finances peuvent bénéficier de ce traitement exceptionnel. Troisièmement, chaque décaissement doit être régularisé de manière trimestrielle et nominative, une mesure qui renforce la traçabilité et facilite les contrôles a posteriori.
Cette discipline budgétaire vise à limiter les effets d’éviction sur les autres postes de dépenses de l’État et à rassurer les bailleurs internationaux sur la transparence des finances publiques. Le gouvernement entend publier prochainement, via le site officiel du ministère, un tableau détaillé des montants engagés et régularisés, signe de sa volonté d’accroître la redevabilité en pleine crise sécuritaire.
— Peter MOYI



