La République démocratique du Congo (RDC), riche de son sous-sol, cherche à associer développement économique et respect des droits humains. C’est dans cet esprit que le projet d’Appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes impliqués dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt (Pabea-Cobalt) s’est imposé comme une initiative centrale pour transformer la gestion du cobalt dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
Le comité de pilotage du projet s’est réuni récemment à Kinshasa pour dresser un bilan des progrès. À la tête de cette mission, Alice Kabetsi, coordonnatrice du Pabea-Cobalt, a révélé des résultats significatifs : 13 587 enfants, soit 91,50 % des objectifs fixés, ont été retirés des sites miniers et réintégrés dans le circuit scolaire. Ce chiffre illustre l’impact du programme sur les familles et les communautés touchées par l’exploitation artisanale du cobalt.
Parallèlement à ces efforts éducatifs, le projet s’est appuyé sur des infrastructures clés pour ancrer le changement. Trente-deux projets communautaires sont en cours, incluant la construction de centres d’entrepreneuriat pour les jeunes. Ces initiatives visent à créer des alternatives économiques viables, en offrant des formations en agro-business et en déployant des équipements modernes pour la production agricole et piscicole.
Dans cette optique, des machines pour la mécanisation agricole, des unités de transformation des produits locaux et des sources d’énergie renouvelable ont été distribuées. Ces investissements ne visent pas seulement à améliorer les conditions de vie, mais aussi à consolider un modèle économique où l’exploitation minière ne constitue pas la seule option.
Alice Kabetsi a insisté sur la nécessité de briser le cercle vicieux du travail des enfants dans les mines. « Nous devons tout faire pour empêcher ces jeunes de retourner dans les sites miniers, » a-t-elle déclaré, évoquant l’avancée des travaux dans les centres d’entrepreneuriat. La remise officielle de ces infrastructures est attendue dans les semaines à venir, renforçant l’impact positif du projet dans les communautés locales.
Au-delà de la réinsertion sociale et des infrastructures, le Pabea-Cobalt s’inscrit dans une vision plus large : améliorer l’image du cobalt congolais à l’échelle internationale. La présence du cobalt congolais sur la liste des biens produits par le travail des enfants, établie par les États-Unis, reste un obstacle pour la filière. Le projet entend démontrer qu’il est possible de produire ce minerai stratégique dans le respect des normes éthiques.
Les prochaines étapes sont déjà en cours de préparation. Le Pabea-Cobalt 2 prévoit d’étendre les efforts à d’autres minerais tels que l’or et le cuivre, tout en élargissant la couverture géographique du programme. Ce projet, conçu par le gouvernement congolais et financé par la Banque africaine de développement (BAD), symbolise une volonté de faire évoluer les chaînes d’approvisionnement vers plus de transparence et de responsabilité.
Le défi est immense, mais les progrès réalisés montrent qu’un changement structurel est en marche. L’engagement des autorités congolaises et des partenaires internationaux sera essentiel pour inscrire ces avancées dans la durée.
Peter MOYI

