RDC – Franc congolais : la BCC stabilise le change (≈ 2 800–2 900 CDF/$) après une injection de 50 M$

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Le message est clair : tenir l’inflation, réancrer l’épargne en CDF et resserrer la discipline bancaire pour que le franc congolais reprenne sa place dans les paiements courants. À l’appui, la Banque centrale du Congo (BCC) a vendu 50 millions USD aux banques le 18 août 2025 au taux de 2 776 CDF pour 1 USD, un coup de pouce destiné à lisser les tensions sur le marché des changes.

Ce qui change pour les banques… et pour votre portefeuille

Le gouverneur André Wameso a détaillé la ligne de conduite : poursuivre la maîtrise de la hausse des prix, relancer le crédit et l’épargne en CDF (via la souscription aux Bons BCC et Bons du Trésor), et remettre à jour les réserves obligatoires “cristallisées” restées adossées à un ancien taux de change depuis 2021. Traduction : les banques doivent recalculer ces réserves au taux actuel, pas à l’ancien niveau, afin de refléter la réalité du marché et d’éviter des poches d’inefficience.

Pourquoi insister sur l’inflation ? Parce que la confiance dans la monnaie se gagne d’abord sur les prix. D’après les tableaux publiés par la BCC, au 26 juillet 2025, l’inflation cumulée s’établissait à 4,76 % et le glissement annuel à 7,88 %. Ce palier, encore élevé pour le pouvoir d’achat, montre néanmoins une progression vers un environnement plus lisible pour l’épargne en CDF et la tarification des crédits.

Côté change, les repères publics confirment un corridor stabilisé autour de 2 800–2 900 CDF pour 1 USD. Le 22 août 2025, la BCC affiche un cours indicatif interbancaire de 2 849,73 CDF. Certains comptes rendus gouvernementaux évoquent 2 858,71 CDF à la clôture ; l’ordre de grandeur reste le même : la volatilité s’est tassée, ce qui facilite la formation des prix pour les importateurs et les commerces.

Cette stabilité récente n’est pas tombée du ciel. La vente de 50 millions USD du 18 août a servi de signal : la BCC se réserve la possibilité d’intervenir lorsque l’anticipation de change s’emballe. L’objectif n’est pas de figer le taux, mais de prévenir les emballements qui alimentent la “dollarisation réflexe” des paiements au détail.

Trois impacts très concrets

1) Crédit logement en CDF : si les banques rebasculent des offres à taux fixes en monnaie locale, le ménage gagne en visibilité sur ses mensualités. Le gouverneur a explicitement relié la préférence pour le CDF au financement du logement, un secteur demandeur de maturités plus longues.

2) Épargne mieux rémunérée : l’accès indirect du public aux Bons BCC et Bons du Trésor via les banques peut offrir des supports en CDF avec des rendements nets plus compétitifs quand l’inflation recule. C’est un levier pour retenir l’épargne dans le système local.

3) Discipline prudentielle : l’actualisation des réserves obligatoires élimine un biais hérité de 2021. Cette remise à niveau évite de sous-estimer les exigences de liquidité en CDF et réduit les asymétries entre banques. Des médias spécialisés ont détaillé le mécanisme : il s’agit de réévaluer la partie dite “cristallisée” au taux courant afin d’aligner les coussins de sécurité sur l’état réel du marché.

Le test des prochains mois

Peut-on parler de normalisation ? Pas encore. La fenêtre 2 800–2 900 CDF devra tenir en période de pointe d’importations et de dépenses budgétaires. Les chiffres officiels de change publiés au fil des jours seront le thermomètre à suivre, de même que la trajectoire mensuelle de l’inflation et l’appétit des banques pour des produits d’épargne en CDF. Sur ce plan, la page “Cours de change” de la BCC offre un suivi quotidien utile pour vérifier si la tendance se prolonge.

Dernier point : l’intervention du 18 août a rappelé que la BCC garde des marges d’action sur le marché interbancaire. La cible n’est pas un chiffre magique, mais la lisibilité. Tant que les ménages voient des prix plus stables et des offres bancaires en CDF crédibles, la préférence pour la devise locale pourra gagner du terrain dans les paiements quotidiens.

Chiffres et sources : ventes de devises de la BCC (18 août 2025) et déclarations publiques ; cours indicatifs interbancaires des 21–22 août 2025 ; trajectoire récente de l’inflation publiée par la BCC ; rappels du gouverneur sur l’inflation, l’épargne en CDF, les Bons BCC/du Trésor et l’actualisation des réserves.

— M. KOSI

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