Le Gouvernement veut donner un nouveau rôle au Fonds de Solidarité pour la Reconstruction Nationale, FSRN. Le 1er juillet 2026 à Kinshasa, le Ministre d’État Guylain Nyembo a lancé l’atelier de restitution et de validation du rapport stratégique consacré à la redynamisation de cet instrument de financement.
La rencontre s’est tenue en présence de plusieurs membres du Gouvernement, de partenaires au développement et des principales parties prenantes. L’objectif est de revoir le fonctionnement du FSRN, afin de l’adapter aux besoins actuels du pays en matière de reconstruction, d’investissement public et de développement local.
Pour Guylain Nyembo, le financement du développement ne peut plus dépendre uniquement du budget de l’État. Il doit aussi mobiliser les citoyens, les institutions, les entreprises, les partenaires et les territoires. « Le financement du développement de notre pays ne saurait être l’affaire exclusive de l’État, mais bien une responsabilité collective engageant l’ensemble de la Nation », a-t-il déclaré.
Une réforme pour moderniser la gouvernance du FSRN
La réforme proposée vise à doter le FSRN d’une gouvernance plus moderne, avec des mécanismes de financement plus adaptés et des outils de transparence mieux structurés. L’idée est de faire du Fonds un canal plus lisible pour soutenir des projets de reconstruction et de développement, tout en améliorant le suivi des ressources mobilisées.
Le rapport stratégique met aussi l’accent sur la traçabilité des contributions. Cette exigence répond à une préoccupation récurrente dans les politiques publiques : savoir d’où viennent les fonds, où ils vont, quels projets ils financent et quels résultats ils produisent.
Guylain Nyembo a résumé cette orientation en des termes directs : « Chaque contribution sera traçable, chaque projet visible, chaque impact mesurable. » Cette approche veut réduire l’écart entre les annonces de financement et les résultats visibles sur le terrain.
La territorialisation comme nouvelle méthode de financement
L’un des axes les plus attendus de cette réforme concerne la territorialisation du financement du développement. Concrètement, il s’agit de mieux relier les ressources mobilisées aux besoins des provinces, des villes, des territoires et des communautés locales.
Cette méthode peut permettre d’éviter une gestion trop centralisée des priorités. Elle peut aussi aider à orienter les financements vers des projets plus proches des réalités locales : routes de desserte, équipements sociaux, infrastructures économiques, appui aux initiatives productives ou reconstruction dans les zones fragilisées.
La réussite de cette redynamisation dépendra toutefois de son exécution. Le FSRN devra prouver qu’il peut mobiliser des ressources, sélectionner des projets pertinents, publier des informations claires et mesurer les résultats obtenus. Sans ces garanties, la réforme risque de rester un exercice administratif de plus.
Pour la RDC, l’enjeu est clair : construire un mécanisme capable de financer le développement de manière plus transparente, plus participative et plus proche des territoires. Si cette réforme est appliquée avec rigueur, le FSRN pourrait devenir un outil utile pour transformer les contributions nationales en projets visibles pour les populations.
— M. KOSI









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