Le Gouvernement congolais veut donner plus de place à la transformation locale dans l’économie nationale. Lundi, à Lubumbashi, trois nouvelles unités industrielles ont été inaugurées sur le site du Groupe Vinmart, avec l’objectif de réduire la dépendance de la RDC aux importations de produits manufacturés et de renforcer la production locale.
La cérémonie a été coprésidée par Justin Kalumba Mwana Ngongo, ministre intérimaire de l’Industrie et ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, et Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur. Le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, ainsi que plusieurs responsables d’entreprises publiques et privées, ont également pris part à cette activité.
Les autorités ont notamment inauguré la première usine de production de tubes carrés en RDC, exploitée par la Société de Transformation de Fer, SOTRAFER. Cette unité dispose d’une capacité de production de 1 500 tonnes par mois. Deux autres usines, portées par Mining Engineering Services, MES, produiront des câbles électriques armés et des transformateurs électriques.
Produire localement pour réduire les importations
Ces nouvelles unités répondent à une préoccupation récurrente de l’économie congolaise : le pays exporte beaucoup de matières premières, mais importe encore une large part des produits transformés utilisés dans la construction, l’électricité, l’industrie et les équipements techniques. À Lubumbashi, le choix de produire des tubes carrés, des câbles armés et des transformateurs électriques vise donc des marchés où la demande intérieure reste élevée.
Pour Justin Kalumba Mwana Ngongo, les investissements réalisés par le Groupe Vinmart s’inscrivent dans la volonté d’accélérer l’industrialisation du pays. L’enjeu est de faire monter la part de la production locale dans les chaînes d’approvisionnement, afin de créer plus d’emplois, de renforcer les entreprises congolaises et de garder davantage de valeur sur le territoire national.
Le Haut-Katanga offre un terrain favorable à ce type d’investissement. La province concentre une forte activité minière, une demande importante en équipements industriels et une proximité directe avec plusieurs marchés régionaux. Mais pour que ces usines soient compétitives, elles devront bénéficier d’un accès stable à l’énergie, de coûts logistiques maîtrisés et d’un environnement administratif plus prévisible.
Vinmart veut développer une zone économique spéciale
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a mis en avant le poids économique du Groupe Vinmart. Selon lui, le groupe aurait déjà généré entre 20 000 et 25 000 emplois directs, ainsi que près de 200 000 emplois indirects. Il a aussi plaidé pour un accompagnement plus actif de l’État, notamment à travers des mesures de protection de l’industrie locale, une réduction de certaines charges fiscales et une meilleure promotion des produits fabriqués en RDC.
Ce plaidoyer renvoie à une question de politique industrielle. Produire en RDC ne suffit pas si les produits locaux doivent affronter des importations moins taxées, moins contrôlées ou vendues à des prix difficiles à soutenir pour les industriels installés dans le pays. La protection de l’industrie locale devra toutefois rester équilibrée, afin d’éviter une hausse excessive des prix pour les consommateurs et les entreprises utilisatrices.
Représentant le directeur général du Groupe Vinmart, Charles Tshibanda, le directeur général de Clean Congo SAS a annoncé l’ambition du groupe de développer une Zone économique spéciale sur son site industriel. Le groupe envisage aussi la mise en place de corridors industriels intégrés, afin d’améliorer les conditions d’investissement et d’accélérer l’expansion de ses activités.
Ces annonces placent Lubumbashi dans une logique de production plus structurée. Si les nouvelles usines montent réellement en capacité, elles peuvent réduire certaines importations, créer des débouchés pour les travailleurs locaux et renforcer les chaînes industrielles congolaises. Le vrai test se jouera désormais dans la régularité de la production, l’accès au marché et la capacité de l’État à protéger l’industrie sans freiner la concurrence utile.
— M. KOSI









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