Le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le Ministre intérimaire de l’Industrie, également Ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, sont arrivés ce dimanche 5 juillet 2026 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.
Cette mission gouvernementale vise à renforcer la promotion des unités industrielles locales et à examiner les mécanismes de protection de l’industrie congolaise face aux pratiques commerciales jugées déloyales. Elle intervient dans une province stratégique pour l’économie nationale, en raison de son poids industriel, minier, commercial et de sa proximité avec la Zambie.
Kasumbalesa ciblé dans la lutte contre le dumping
L’un des points sensibles de cette mission concerne le poste frontalier de Kasumbalesa, principal point de passage entre la RDC et la Zambie. Le gouvernement veut y renforcer la lutte contre le dumping, une pratique qui consiste à introduire sur un marché des produits à des prix anormalement bas, avec le risque d’affaiblir les producteurs locaux.
Pour le Haut-Katanga, la question est économique. Lorsque des produits importés entrent dans le pays sans contrôle suffisant ou à des conditions qui désavantagent les entreprises locales, les unités industrielles congolaises perdent en compétitivité. À terme, cela peut peser sur l’emploi, la production locale et les recettes publiques.
La présence conjointe des deux membres du gouvernement traduit donc une volonté de lier commerce extérieur, industrie et développement des PME. Il ne s’agit pas seulement de contrôler les flux à la frontière, mais aussi de défendre les entreprises capables de produire localement et de créer de la valeur sur le territoire national.
Moderniser les infrastructures pour fluidifier le commerce
La mission porte également sur la modernisation des infrastructures destinées à faciliter le commerce. Les postes frontaliers à arrêt unique figurent parmi les dispositifs concernés. Leur objectif est de réduire les lenteurs administratives, de simplifier les formalités et de rendre les échanges plus fluides entre la RDC et ses voisins.
Pour les opérateurs économiques, cette modernisation peut réduire les coûts logistiques et limiter les retards aux frontières. Mais son efficacité dépendra de la coordination entre les services publics, de la transparence des procédures et de la capacité à combattre les pratiques qui ralentissent encore le passage des marchandises.
À Lubumbashi comme à Kasumbalesa, le gouvernement devra donc concilier deux priorités : faciliter le commerce et protéger l’industrie locale. L’équilibre est délicat. Trop de blocages pénalisent les importateurs et les consommateurs. Trop de laisser-faire fragilise les producteurs congolais. C’est dans cette zone de tension que se jouera une partie de la stratégie économique du pays dans le Haut-Katanga.
— Peter MOYI








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