La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources minières. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé lundi 29 juin la signature d’un accord-cadre entre le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) et la société suisse ADEX Platform AG, spécialisée dans la traçabilité et la commercialisation des diamants et des pierres de couleur. Ce partenariat, approuvé par le Conseil des ministres le 29 mai dernier, vise à restructurer une filière longtemps marquée par l’exportation de diamants bruts et les pertes de valeur ajoutée.
L’accord prévoit la création d’ADEX RDC S.A., une société détenue à parts égales par le FOMIN et ADEX Platform AG. Cette nouvelle structure aura pour mission de mettre en place une taillerie-joaillerie de niveau international, une plateforme numérique destinée à commercialiser directement les diamants congolais sur les marchés internationaux, ainsi qu’un programme de transfert de technologies et de formation destiné à renforcer les compétences nationales.

Au-delà de la création d’une nouvelle entreprise, le Gouvernement cherche à modifier le modèle économique de la filière diamant. Aujourd’hui, une grande partie de la valeur est créée en dehors de la RDC, où les pierres sont taillées, transformées, certifiées puis revendues sur les marchés internationaux. En développant des capacités locales de transformation et de commercialisation, le pays ambitionne de conserver une part plus importante des revenus générés par cette ressource, tout en créant des emplois qualifiés dans les métiers de la taille, de la joaillerie, de la certification et du commerce international.
Lors de la cérémonie, le ministre des Mines a indiqué que cet accord ouvre un « nouveau chapitre » pour le commerce des diamants en République démocratique du Congo. Selon lui, les diamants congolais ne doivent plus être associés à la contrebande et aux pertes de revenus, mais devenir un symbole de transparence, de modernisation industrielle et de création de richesse au bénéfice de l’économie nationale.
Le projet prévoit également le déploiement d’outils numériques destinés à améliorer la traçabilité des diamants tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cette évolution répond aux exigences croissantes des acheteurs internationaux, qui accordent une importance particulière à l’origine des pierres, au respect des normes de conformité et à la transparence des circuits commerciaux. En renforçant ces mécanismes, la RDC espère améliorer la compétitivité de sa filière et renforcer sa crédibilité sur les marchés internationaux.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large portée par les autorités congolaises, qui consiste à développer davantage de transformation locale dans le secteur minier. Après les ambitions affichées autour du cuivre, du cobalt ou encore des batteries, le Gouvernement entend désormais appliquer cette logique au diamant afin que l’exploitation des ressources naturelles génère davantage de valeur ajoutée, de recettes fiscales, d’emplois et de savoir-faire industriel à l’intérieur du pays.
— M. KOSI









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