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RDC : Le franc congolais stable, l’inflation chute à 7,92 % malgré les tensions mondiales

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En RDC, franc congolais stable et inflation sous contrôle – Le franc congolais fait preuve d’une stabilité relative, tandis que l’inflation ralentit nettement en République démocratique du Congo. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture de la Banque centrale du Congo, datée du 11 juillet 2025, qui dresse le tableau d’une macroéconomie intérieure apaisée. Selon cette note officielle, « l’environnement macroéconomique intérieur est resté globalement stable au cours de la période sous revue », avec une hausse des prix modérée et un taux de change quasi inchangé. En clair, les prix à la consommation n’ont pratiquement pas bougé d’une semaine à l’autre, et la monnaie nationale n’a connu qu’une infime variation face au dollar américain.

Sur la deuxième semaine de juillet, l’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,14 %, exactement comme la semaine précédente. Cette stabilité des prix s’explique notamment par le comportement contenu des principales catégories de dépenses des ménages. En effet, la Banque centrale souligne que l’évolution modérée des tarifs des produits alimentaires, de l’habillement, du logement ou encore des divers biens et services de base est à l’origine de l’essentiel de la faible inflation hebdomadaire enregistrée (ces postes représentant au total plus de 76 % de la variation sur la semaine).

Plus remarquable encore, la tendance de fond indique une franche décélération de la hausse des prix sur un an. « En rythme annuel, le taux d’inflation a poursuivi la tendance baissière », note la Banque centrale. Concrètement, l’inflation en glissement annuel est tombée à 7,92 %, soit presque la moitié du niveau observé à la même période l’an dernier (15,31 %). De même, depuis le début de l’année 2025, les prix n’ont augmenté que de 4,51 %, contre 8,16 % à la mi-année 2024. La maîtrise de l’inflation semble donc se confirmer, le pays renouant avec une progression des prix à un chiffre – un signal encourageant pour le pouvoir d’achat des ménages après les tensions inflationnistes de l’année précédente. Certes, l’inflation annuelle avoisine encore 8 %, mais la désinflation en cours témoigne d’un net ralentissement de la hausse des prix et d’un certain succès des autorités monétaires dans leur lutte contre la flambée des coûts de la vie.

Du côté du taux de change, la stabilité est également de mise. Au 11 juillet 2025, il fallait environ 2 875 francs congolais pour un dollar américain sur le marché officiel. Ce niveau est pratiquement inchangé par rapport à la semaine précédente – la devise nationale ne s’étant dépréciée que d’environ 0,2 % en une semaine. Sur le marché parallèle (informel), le constat est similaire, avec un taux avoisinant 2 887 CDF pour un dollar, soit là encore une variation négligeable de 0,2 % sur la même période. Signe de cette stabilité relative du franc congolais, la monnaie nationale ne s’est affaiblie que d’environ 1 % depuis le début de l’année par rapport au billet vert. Autrement dit, entre fin 2024 et début juillet 2025, le taux de change officiel est passé par une dépréciation minime de 1,02 %, tandis que le marché parallèle n’a cédé que 0,70 %. Une telle constance du franc – dans un pays où les fluctuations monétaires ont pu être plus prononcées par le passé – traduit la confiance retrouvée dans la devise locale. Elle permet en outre de contenir le coût des produits importés, contribuant ainsi à la modération de l’inflation interne.

Ce contraste avec l’environnement international récent est frappant. Là où de nombreuses économies subissent des turbulences, la RDC apparaît comme une oasis de calme monétaire. La période couverte par la note de la Banque centrale a en effet correspondu à des secousses sur les marchés financiers mondiaux, liées notamment aux tensions commerciales : « les marchés financiers ont été marqués par une forte volatilité, en réaction aux annonces de mesures protectionnistes », observe la BCC en référence aux fluctuations boursières observées à l’étranger. Malgré ce contexte extérieur agité, Kinshasa parvient à maintenir une situation intérieure stable. La confiance semble dès lors gagner les acteurs économiques locaux. D’après l’enquête de conjoncture de juin 2025, « l’optimisme affiché par les chefs d’entreprise s’est, pour le deuxième mois d’affilée, consolidé » quant aux perspectives économiques à court terme du pays. La Banque centrale y voit le reflet des perspectives de paix retrouvées dans la région et du dynamisme de la demande interne – des facteurs qui soutiennent l’activité et favorisent un climat des affaires plus serein.

Autre élément de soutien à cette stabilité monétaire, les réserves de change du pays se maintiennent à un niveau confortable. Au 10 juillet 2025, la Banque centrale disposait de 7,116 milliards de dollars de réserves internationales, soit l’équivalent d’environ 2,7 mois d’importations de biens et services. Ce matelas financier solide contribue à renforcer la résilience de l’économie congolaise face aux chocs externes et à ancrer la confiance dans le franc congolais. Parallèlement, les autorités monétaires ont continué à gérer prudemment la liquidité bancaire, n’injectant des fonds qu’à doses mesurées – 68,72 milliards de CDF supplémentaires via les Bons BCC sur la semaine étudiée – afin de ne pas raviver les pressions inflationnistes tout en soutenant le crédit.

En somme, les indicateurs économiques récents de la RDC dressent le portrait d’un paysage stabilisé : inflation contenue, monnaie nationale ferme, finances publiques sous contrôle et moral des entreprises en hausse. Ce tableau encourageant, brossé par la Banque centrale du Congo, suggère que le pays récolte les fruits d’une gestion macroéconomique vigilante. Reste à pérenniser ces acquis dans la durée, alors que des incertitudes demeurent sur la scène internationale.

Par M. KOSI.

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