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PIB congolais en baisse à 5,3 % : le défi de la diversification économique reste entier

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En 2025, la République démocratique du Congo ralentit légèrement son rythme économique, avec une prévision de croissance du PIB réel fixée à 5,3 %, contre 6,5 % l’année dernière, selon une récente publication de la Banque centrale du Congo (BCC). Derrière ces statistiques, la dépendance du pays aux ressources minières reste très marquée : la filière minière devrait afficher une hausse de 8,2 % cette année, après un pic exceptionnel de 12,2 % en 2024.

Cette dynamique positive dans les mines est tirée principalement par la reprise des marchés internationaux. Le cuivre, dont la RDC est le premier producteur africain, affiche une augmentation de près de 10 % sur le marché de Londres depuis décembre 2024, atteignant environ 9 600 USD la tonne début juillet 2025. Le cobalt, quant à lui, incontournable dans l’industrie des batteries électriques, a bondi d’environ 35 % pour s’établir autour de 38 500 USD la tonne sur la même période, selon les derniers chiffres du London Metal Exchange (LME).

Cependant, loin des performances du secteur extractif, les autres pans de l’économie congolaise peinent à décoller. Hors mines, la progression économique demeure limitée à 3,6 %, à peine supérieure aux 3,5 % enregistrés l’an passé. Ce contraste traduit l’absence chronique d’une véritable politique de diversification productive. Les services, l’agriculture et l’industrie manufacturière tardent toujours à prendre le relais, rendant la RDC vulnérable aux fluctuations imprévisibles des cours mondiaux des matières premières.

Pourtant, du côté des entrepreneurs locaux, l’ambiance reste positive. Selon la dernière enquête de conjoncture réalisée en juin 2025 par la BCC auprès des chefs d’entreprises, l’indice d’opinion sur l’environnement des affaires a légèrement progressé, passant de +35,6 % en mai à +36,0 %. Ce regain relatif d’optimisme s’explique notamment par l’espoir suscité par de récents investissements privés et publics dans les infrastructures, surtout dans les régions du Katanga et du Kivu, où plusieurs projets routiers et énergétiques commencent à se concrétiser.

Le FMI, dans son rapport intermédiaire publié en juin dernier, souligne néanmoins l’urgence de réduire cette forte dépendance aux minerais : « Pour sécuriser durablement sa croissance, la RDC doit rapidement diversifier son tissu économique vers l’agriculture intensive, les industries légères et le numérique », prévient l’institution internationale.

Des initiatives ponctuelles existent déjà, comme la relance récente de la zone économique spéciale de Maluku, près de Kinshasa, destinée à attirer les entreprises manufacturières. Mais ces actions restent isolées. Selon les analystes de Bloomberg, cités dans leur bulletin économique de juillet 2025, la diversification ne pourra réussir sans une politique claire et coordonnée à l’échelle nationale, accompagnée d’une meilleure gouvernance économique et d’une lutte efficace contre la corruption.

La réduction progressive de la dépendance minière apparaît donc comme la priorité absolue pour stabiliser durablement l’économie congolaise. Car même si les chiffres restent encourageants à court terme grâce à l’embellie actuelle des métaux stratégiques, l’histoire économique du pays rappelle que ce modèle fondé uniquement sur l’exportation brute de matières premières est fragile, instable et souvent éphémère.

— M. KOSI

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