Trois cents nouveaux inspecteurs économiques sont désormais opérationnels en République démocratique du Congo. Ils ont achevé, ce 23 juin à Kinshasa, une session de formation axée sur les méthodes contemporaines de contrôle des prix, dans un contexte où la maîtrise de l’inflation devient un impératif pour préserver la stabilité sociale. Cette montée en puissance des effectifs de l’administration économique intervient alors que l’inflation annuelle dépasse les 18 %, selon la Banque centrale du Congo, avec des pointes de plus de 9 % sur des produits de base comme le maïs ou le riz en l’espace d’un mois.
Encadrée par des formateurs issus de l’administration et du terrain, la formation a insisté sur l’analyse des structures de prix, la lecture des documents comptables des entreprises, ainsi que l’identification des écarts entre prix affichés et pratiqués. Il s’agit de doter l’État de relais compétents capables d’endiguer les pratiques tarifaires spéculatives, particulièrement fréquentes dans les circuits commerciaux informels, qui représentent plus de 80 % de l’activité nationale.
La cérémonie de clôture a été présidée par Célestin Twite, Secrétaire général au ministère de l’Économie nationale, en représentation du Vice-Premier ministre Vital Kamerhe. Il a insisté sur la nécessité d’une application rigoureuse de la loi sur les prix, pierre angulaire d’un encadrement économique efficace, à défaut d’instruments macroéconomiques puissants. Car en l’absence d’un dispositif robuste de subvention ciblée ou de régulation structurelle des marchés, l’outil administratif du contrôle reste l’un des rares leviers disponibles pour agir sur les prix à court terme.
Les nouvelles recrues viendront renforcer les capacités d’inspection dans les provinces, où les dispositifs de contrôle sont souvent absents ou inopérants. Le dernier audit du ministère, en mars 2025, révélait qu’à peine 11 des 26 provinces étaient couvertes par des équipes effectives. Le gouvernement entend désormais augmenter la fréquence des contrôles, notamment dans les marchés de gros et les points de distribution de produits alimentaires subventionnés, dans l’espoir d’obtenir un effet modérateur sur les fluctuations actuelles.
À court terme, cette action pourrait permettre de freiner certaines distorsions observées dans les circuits commerciaux urbains, où les prix de l’huile végétale, par exemple, ont bondi de 6 % entre avril et mai 2025, accentuant la pression sur les revenus des ménages à faibles revenus, sans gain apparent pour les producteurs.
« Nous disposons désormais d’outils concrets pour travailler plus efficacement, avec une meilleure lecture des comportements marchands », résume Jiji Diansangu, cheffe de division à l’administration économique. La promesse d’une meilleure gouvernance des prix repose désormais sur la capacité réelle de ces inspecteurs à opérer sur le terrain, dans un pays vaste, faiblement intégré et où les dispositifs de contrôle sont historiquement faibles.
— Peter MOYI


