Kamoa Copper a franchi une nouvelle étape stratégique dans son positionnement en République démocratique du Congo. Du 15 au 16 mai, à Kolwezi, l’entreprise a activement pris part à la sixième édition du Katanga Business Meeting, organisé au siège de l’Assemblée provinciale du Lualaba. Sponsor Platine de l’événement, Kamoa n’y a pas seulement exposé ses ambitions. Elle les a incarnées.
Lors du panel de haut niveau, réunissant entre autres la Première Ministre Judith Suminwa, le Directeur d’exploitation du corridor de Lobito Nicholas Grégoire, et la gouverneure du Lualaba Fifi Masuka, la Directrice générale de Kamoa Copper, Annebel Oosthuizen, a livré une vision claire : l’avenir économique de la RDC passe par la transformation locale des minerais.
« Nous croyons à la valeur ajoutée nationale. La transformation locale des ressources n’est pas un slogan, c’est notre modèle économique« , a-t-elle affirmé. Kamoa s’illustre comme l’un des rares producteurs à ne pas se contenter d’extraire, mais à transformer sur place, à travers une fonderie intégrée. Objectif : favoriser une montée en gamme de l’économie congolaise.
Ce positionnement trouve tout son sens dans l’exploitation du corridor ferroviaire de Lobito. Dès le lancement de cette infrastructure, Kamoa a joué un rôle pionnier. En 2023, elle figure parmi les tout premiers clients industriels à expédier leurs produits via ce tracé transfrontalier, reliant le Katanga à la façade Atlantique de l’Angola. En 2024, elle y a mobilisé 50 % de la capacité de transport. Elle prévoit de maintenir ce niveau en 2025 avant de le doubler en 2026, preuve d’un engagement durable.

« Ce corridor n’est pas un simple axe logistique. C’est une colonne vertébrale économique pour toute une région« , a souligné Annebel Oosthuizen. Pour elle, l’ambition dépasse les volumes de cuivre : il s’agit de bâtir une infrastructure au service d’un tissu productif régional plus dense. Les PME, fournisseurs, sous-traitants et industriels peuvent désormais importer plus facilement des intrants, produire localement et viser aussi bien le marché intérieur que les pays limitrophes.
Cette logique de chaînes de valeur circulaires et de substitution aux importations commence à prendre corps. Kamoa y joue un rôle de levier, en tant qu’utilisateur de poids du corridor, mais aussi comme moteur d’un modèle plus intégré. Le corridor devient ainsi un accélérateur de souveraineté industrielle et de réduction des coûts logistiques.
La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, n’a pas manqué de souligner l’impact fiscal de cette entreprise. Devant la Première Ministre et l’ensemble des participants, elle a salué la discipline contributive de Kamoa, qui s’acquitte de ses obligations fiscales avant les délais légaux, un comportement encore trop rare dans l’écosystème des grandes entreprises minières.
L’ancrage de Kamoa dans la région est ancien. Depuis les premiers investissements du groupe Ivanhoe Mines en 2008, le projet s’est structuré, puis accéléré avec la mise en production effective en 2021. Aujourd’hui, Kamoa est le deuxième producteur de cuivre à l’échelle africaine, et le premier en RDC. Sa dernière prouesse technique : la finalisation de la plus grande fonderie de cuivre du continent, qui incarne son choix de créer de la valeur en aval, sur le sol congolais.
« Nous voulons laisser ce pays dans un meilleur état que lorsque nous y sommes arrivés », a conclu la Directrice générale. Une phrase qui résonne comme un engagement, mais surtout comme une orientation stratégique assumée : celle de faire de l’exploitation minière un vecteur de développement structurel, et non un simple levier d’exportation.
— M. KOSI


