RDC : le Trésor lève 40 millions USD à trois mois pour répondre à ses besoins immédiats de liquidité

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Le Trésor public congolais relance son recours au marché intérieur avec une adjudication de 40 millions de dollars en bons du Trésor en devise, prévue ce 24 juin 2025. L’opération se distingue par sa maturité inhabituelle de trois mois, contre les 18 mois fréquemment observés ces dernières semaines. L’échéance est fixée au 23 septembre 2025. Les investisseurs intéressés devront déposer leurs offres avant 11h auprès de la Banque centrale du Congo (BCC), faute de quoi leurs soumissions seront automatiquement écartées.

Ce raccourcissement de la durée marque une stratégie assumée du ministère des Finances : mobiliser rapidement des liquidités sans alourdir les charges de remboursement à moyen terme. En l’absence de taux d’intérêt annoncé, l’opération repose sur l’appétit du marché pour des instruments à rotation rapide, à un moment où les conditions monétaires restent tendues.

La manœuvre s’inscrit dans une série d’opérations rapprochées. La semaine précédente, 66 millions de dollars avaient déjà été levés dans des conditions similaires. À travers ces émissions régulières, le gouvernement tente de compenser le manque de recettes publiques mobilisées par le circuit classique, dans un contexte où la pression sur la trésorerie de l’État ne faiblit pas.

La dette intérieure de la République démocratique du Congo reste modérée — estimée autour de 17 % du PIB — mais elle connaît une croissance constante depuis 2021, en partie alimentée par ces adjudications répétées. À l’inverse, la dette extérieure pèse environ 30 % du PIB, avec une vulnérabilité accrue aux fluctuations du dollar et à la variabilité des taux internationaux.

En misant sur des instruments courts libellés en devise, Kinshasa cherche à rassurer les détenteurs de capitaux sur la sécurité des remboursements, tout en évitant d’exposer la monnaie nationale à de nouvelles tensions. Mais ce choix impose des refinancements fréquents, accentuant la dépendance à la disponibilité immédiate de liquidités sur le marché domestique.

Pour les autorités, ce type de financement offre un levier souple dans la conduite de la politique budgétaire, mais à condition que les conditions d’emprunt ne se durcissent pas brusquement. L’équilibre reste fragile, d’autant que la Banque centrale n’a pas encore communiqué ses orientations à court terme sur les taux directeurs, dans un environnement monétaire où la stabilité des prix demeure précaire.

M. MASAMUNA

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