Osaka 2025 : la RDC s’appuie sur l’ANAPI pour négocier son retour dans le radar des grandes puissances

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La République démocratique du Congo prépare une opération de visibilité économique d’envergure sur le continent asiatique. Du 23 au 30 juin 2025, Kinshasa occupera le devant de la scène à l’Exposition internationale d’Osaka, une plateforme qui réunit 170 pays autour d’initiatives économiques, scientifiques et commerciales. L’événement offre à la RDC une occasion directe de présenter ses secteurs porteurs à des investisseurs asiatiques, dans un contexte de concurrence accrue entre pays africains pour capter des flux d’investissement direct étranger.

Coordonnée par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), cette présence congolaise se structure autour d’une logique d’attractivité ciblée, adossée à des données économiques concrètes. La RDC cherche à corriger une réalité persistante : malgré son potentiel minier et agricole, le pays n’a attiré que 1,9 milliard de dollars d’IDE en 2023, selon les chiffres de la Banque mondiale, contre 2,4 milliards en 2022. Une baisse de 20,8 % qui s’explique en partie par les incertitudes politiques liées aux élections, mais aussi par des lenteurs dans la mise en œuvre de réformes structurelles, notamment fiscales et foncières.

Face à cette situation, les autorités congolaises misent sur une diplomatie économique plus incisive. La Première ministre Judith Suminwa prendra part à un forum bilatéral RDC–Japon prévu à Osaka, avec pour objectif de créer des partenariats concrets dans cinq domaines ciblés : agriculture, mines, énergie, infrastructures et numérique. Le Japon, bien que discret en Afrique subsaharienne comparé à la Chine ou aux pays du Golfe, reste l’un des plus gros pourvoyeurs d’aide publique au développement et manifeste, depuis la dernière conférence TICAD (2022), un regain d’intérêt pour des coopérations techniques sur des projets à long terme.

L’appel lancé par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, aux entreprises congolaises s’inscrit dans cette logique. Il encourage les opérateurs économiques à préparer des dossiers bancables, appuyés par des études de faisabilité rigoureuses, pour espérer mobiliser des financements internationaux. Le message est clair : seules les entreprises capables de présenter des modèles économiquement viables et soutenus par des données fiables pourront capter l’attention des partenaires japonais.

La présence au pavillon congolais ne se limite pas à l’exposition de produits. Il s’agit de transformer cette visibilité en levier de transaction. Pour cela, l’ANAPI prévoit une série de rencontres B2B et d’échanges techniques, destinés à traduire le potentiel du pays en projets d’investissement concrets. La stratégie repose notamment sur les atouts structurels du Congo : des réserves minérales estimées à plus de 24 000 milliards USD (dont 50 % de cobalt mondial), un accès au marché de la ZLECAf, et un vaste potentiel hydroélectrique encore sous-exploité (moins de 3 % du potentiel d’Inga valorisé à ce jour).

L’Exposition universelle d’Osaka, qui se déroule du 13 avril au 13 octobre 2025, se tient dans un contexte où les grandes puissances redéfinissent leurs alliances économiques. La RDC, souvent perçue comme instable ou sous-administrée, cherche à rectifier cette image en adoptant une posture proactive, centrée sur la transparence, la fiabilité des données économiques et la préparation technique des projets proposés à l’international.

— M. KOSI

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