RDC : Washington revient sur le cuivre “critique” et Ivanhoe prépare sa percée aux États-Unis

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Le fondateur et co-président d’Ivanhoe Mines, Robert Friedland, assure que la République démocratique du Congo est redevenue une priorité pour les États-Unis et, plus largement, pour les économies occidentales en quête de minerais dits « critiques ». Le groupe minier canadien, très implanté en RDC, annonce l’ouverture prochaine de bureaux à New York et à Washington pour mieux comprendre la position de l’administration américaine et capter de nouveaux relais de croissance.

Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, Robert Friedland a expliqué être en discussion continue avec de grandes compagnies minières et des investisseurs souverains. Son message est simple : l’intérêt pour les projets miniers en Afrique, et particulièrement en RDC, s’est nettement intensifié, car les pays occidentaux cherchent à sécuriser leurs approvisionnements.

Au cœur de cette séquence, la montée en puissance du cuivre. Les États-Unis ont récemment ajouté ce métal à leur liste officielle de minerais critiques, une décision qui renforce l’idée que la transformation industrielle fondre, affiner, produire un métal prêt pour l’industrie devient une question stratégique, et pas seulement économique. Robert Friedland va plus loin : il relie directement ces capacités de traitement à la sécurité nationale américaine, dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement sont jugées vulnérables.

En RDC, Ivanhoe met en avant son complexe de Kamoa-Kakula, l’un des grands actifs cuprifères du pays. Le site a commencé à expédier du cuivre fondu vers l’Allemagne, tandis que le groupe poursuit des forages sur un vaste projet d’exploration, le « Western Foreland », présenté comme un nouveau moteur de croissance. Robert Friedland affirme que l’intérêt des investisseurs pour cette zone est très élevé.

Cette offensive s’inscrit aussi dans une dynamique politique à Washington. Début février, Robert Friedland a participé au lancement de « Project Vault », un programme américain de stock stratégique de minerais, annoncé à 12 milliards de dollars. L’objectif affiché : réduire les risques de rupture d’approvisionnement, stabiliser certains marchés et limiter la dépendance aux chaînes dominées par la Chine. Dans cette logique, la RDC, déjà centrale sur le cuivre et le cobalt, redevient un point d’attention majeur pour les décideurs américains.

— M. KOSI

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