Des engins massifs sont à l’œuvre à Kinshasa, où l’avenue du Tourisme renaît peu à peu sous l’assaut du béton. Sur plusieurs tronçons, des camions-toupies déversent leur cargaison, suivis par des équipes qui vibrent et lissent la chaussée. Ces opérations obéissent à des normes strictes pour éviter les fissures : chaque portion est coffrée, ferraillée, puis compactée par des aiguilles vibrantes, ce qui assure une résistance optimale. Sur les pentes environnantes, on élève déjà les premiers murs de soutènement, préparant la stabilisation des talus fragilisés par les dernières crues. Le directeur de projet note que ces travaux ne concernent pas que la route elle-même, mais aussi son assainissement complet pour une durabilité renforcée.
- Bétonnage intensif : le revêtement se renouvelle par sections entières, chaque couche de béton étant soigneusement étalée et compactée.
- Collecteur pluvial : un canal de 1,5 km est creusé sur le flanc de l’avenue pour évacuer les eaux du haut de Mont Ngaliema vers le fleuve.
- Stabilisation des pentes : parallèlement, des murs de soutènement sont construits pour empêcher glissements et éboulements.
- Suivi technique : une mission d’ingénieurs suit au quotidien l’avancée du chantier (ing. Dan Mafef en tête), garantissant la conformité aux spécifications.
Sur le Mont Ngaliema, à la lisière de Ngaliema, des militaires du génie creusent un nouveau canal de drainage de 1,5 km destiné à canaliser les eaux de pluie vers le fleuve Congo. Le lieutenant Godard Ditomene souligne que cette infrastructure sera achevée en quatre mois afin de parer aux crues récurrentes. Une telle vigilance est nécessaire : en juin 2025, des pluies torrentielles ont rendu l’avenue impraticable sur plus de 100 m et fait au moins 19 victimes à Kinshasa, 17 rien que dans la commune de Ngaliema.

Dans ce contexte, les équipes estiment être passées à la vitesse supérieure depuis le versement de l’acompte de démarrage. On note cependant des avancées différenciées : certains tronçons ont déjà reçu leur revêtement bétonné, tandis que d’autres viennent à peine d’être ferraillés. Selon le génie militaire et l’ACGT, l’exécution progresse vite et laisse présager que le chantier pourra bénéficier aux Kinois avant la saison des pluies suivante.
Ces travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large de réhabilitation urbaine à Kinshasa. Le gouverneur Daniel Bumba rappelait en février qu’environ 750 km des 1 006 km de routes asphaltées de la capitale étaient en « état de délabrement avancé ». La revalorisation de l’avenue du Tourisme vise donc aussi à fluidifier le trafic et à réduire les coûts liés à l’érosion des routes. En parallèle, le maire de Lemba signalait mi-juillet 2025 que les chantiers routiers de sa commune avaient déjà atteint 30 % de réalisation et devraient améliorer la circulation d’ici septembre.
L’Agence congolaise des Grands Travaux (ACGT) insiste sur la nécessité d’adapter ces infrastructures aux défis climatiques actuels. En intégrant drainage renforcé, revêtement solide et murs de soutènement, le projet veut résister aux aléas à venir. Les habitants des quartiers riverains, souvent isolés lors des pluies, pourront bientôt emprunter un axe plus sûr et pérenne.
— M. KOSI


