Relance de la CINAT : 300 000 tonnes de ciment par an pour dynamiser l’économie

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CINAT

La récente visite du ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa, à la Cimenterie nationale de Kimpese (CINAT) marque un tournant potentiel pour cette entreprise publique, dont la relance pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie congolaise. Le ministre a réaffirmé son intention de présenter au Gouvernement des mesures concrètes pour surmonter les obstacles qui ont freiné la production de ciment au sein de la CINAT depuis plus d’une décennie.

Un potentiel industriel sous-exploité

La CINAT, autrefois fleuron de l’industrie cimentière en RDC, est dotée d’une capacité de production théorique de plus de 300 000 tonnes par an. Avant l’arrêt définitif de ses opérations en 2011, cette société mixte produisait en moyenne 1 000 tonnes de ciment par jour, soit environ 20 400 sacs de 50 kg. Cependant, une série de difficultés financières et structurelles, incluant un endettement croissant, l’obsolescence des équipements et le non-paiement des salaires, a conduit à l’arrêt de la production. Cette situation a non seulement impacté l’emploi, mais aussi la disponibilité de ciment sur le marché national, un facteur essentiel pour les projets de construction et de développement d’infrastructures.

Un enjeu économique stratégique

La relance de la CINAT est bien plus qu’une simple réactivation d’une unité industrielle; elle représente un levier stratégique pour l’économie nationale. Avec une production annuelle de 300 000 tonnes de ciment, la CINAT pourrait non seulement réduire la dépendance de la RDC aux importations, mais aussi stabiliser les prix du ciment sur le marché local, renforçant ainsi la compétitivité des entreprises de construction locales. Cela contribuerait également à améliorer la balance commerciale du pays en réduisant le déficit lié aux importations de matériaux de construction.

Le ministre Bussa a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre un plan d’urgence pour redresser la CINAT, soulignant que « le temps est venu de redonner vie à cette société dont l’État détient 91% des parts ». Un tel plan devrait inclure non seulement la modernisation des équipements, mais aussi une stratégie de désendettement et de recapitalisation, permettant à la CINAT de retrouver sa place dans le marché régional du ciment.

Les perspectives économiques

La relance de la CINAT pourrait avoir un effet d’entraînement sur d’autres secteurs de l’économie congolaise. Par exemple, le redémarrage de la production de ciment pourrait encourager de nouveaux investissements dans le secteur de la construction, créant ainsi des emplois et stimulant la demande pour d’autres produits et services connexes. De plus, en assurant un approvisionnement régulier en ciment à des prix compétitifs, la CINAT pourrait soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer les infrastructures, un facteur clé de la croissance économique à long terme.

En conclusion, la CINAT se trouve à la croisée des chemins. Sa relance, si elle est bien menée, pourrait non seulement redonner vie à une entreprise en difficulté, mais aussi jouer un rôle crucial dans la dynamisation de l’économie nationale. La balle est désormais dans le camp du Gouvernement, qui doit prendre des décisions stratégiques pour transformer ce potentiel en réalité.

M.MATUVOVANGA

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