Le gouvernement lance ce jeudi 16 juillet 2026, dans la province de la Mongala, le projet « Riz Bumba, Loso na Biso ». Déployé jusqu’en 2030, le programme prévoit d’accompagner près de 30 000 producteurs, d’installer sept unités de transformation et d’atteindre une production de 250 000 tonnes de riz, sans budget global rendu public à ce stade.
Le lancement organisé à Bumba concrétise un processus engagé en octobre 2025, lorsque le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, avait consulté les producteurs, les opérateurs économiques et les autorités locales sur les obstacles rencontrés par la filière rizicole. Un protocole de collaboration a ensuite été signé le 18 juin 2026 entre le Fonds de régulation économique et la Société rizicole de Bumba. Cette dernière, détenue à 100 % par Plantations et Huileries du Congo, assurera l’exécution opérationnelle du programme et l’organisation de la chaîne reliant les producteurs aux unités de transformation et au marché.
Sept unités pour structurer la chaîne rizicole
Le projet doit être exécuté sur cinq ans, de 2026 à 2030. Il prévoit l’agrément et l’accompagnement de près de 30 000 producteurs partenaires ainsi que le développement de sept unités de transformation rizicole. Le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire devra certifier les semences et fournir l’encadrement technique pendant les cycles de production. Le ministère du Développement rural accompagnera la réhabilitation des routes de desserte agricole, tandis que celui des Infrastructures et Travaux publics contrôlera la qualité des travaux routiers. Cette répartition reconnaît qu’une hausse des récoltes ne produira pas les effets attendus sans semences adaptées, accès aux champs, capacités de stockage, transformation et débouchés commerciaux.
La cible annoncée atteint 250 000 tonnes de riz à l’horizon 2030. Le communiqué officiel ne précise cependant pas s’il s’agit d’une production annuelle attendue en 2030 ou d’un volume cumulé sur les cinq années. Il ne distingue pas non plus le riz paddy récolté du riz blanc obtenu après transformation. Cette différence est importante, car le poids commercialisable diminue après le décorticage et le traitement. Le gouvernement devra donc publier une situation de référence comprenant les superficies déjà exploitées, les rendements actuels, les capacités existantes de la SRB et la progression annuelle attendue pour permettre une évaluation rigoureuse du programme.
Le financement et les débouchés restent à préciser
Le Fonds de régulation économique doit apporter un accompagnement financier, mais le ministère de l’Économie nationale n’a communiqué ni le coût total du projet, ni le montant déjà disponible, ni les conditions de financement accordées à la Société rizicole de Bumba et aux producteurs. Aucune ventilation n’est fournie pour l’achat des semences, l’aménagement des terres, les équipements agricoles, les sept unités de transformation ou les routes de desserte. Sans ces données, il reste impossible de déterminer le coût public par producteur, la part supportée par PHC et les ressources encore nécessaires pour atteindre la cible de 2030.
Le programme prévoit que 40 % des bénéficiaires directs soient des femmes et 35 % des jeunes. Les autorités projettent également une augmentation de 20 % à 25 % des revenus des producteurs et la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. Ces éléments constituent des objectifs et non des résultats déjà observés. Leur mesure nécessitera notamment de connaître le revenu moyen des riziculteurs avant le projet, le nombre d’emplois permanents et saisonniers créés, les prix garantis aux producteurs ainsi que les mécanismes prévus pour éviter que la hausse de la production ne provoque une baisse des prix au niveau local.
La capacité du projet à réduire les importations dépendra aussi de la qualité du riz, de son prix de vente et de sa distribution vers les principaux centres de consommation. Produire à Bumba ne suffit pas si le coût du transport rend le riz local moins compétitif que les produits importés arrivant dans les grandes villes. La réhabilitation des routes, le transport fluvial, les capacités de stockage et les contrats d’achat seront donc aussi déterminants que les rendements agricoles.
Les premiers indicateurs à suivre seront le budget effectivement décaissé, le nombre de producteurs réellement enrôlés, la construction des sept unités et les volumes commercialisés chaque année. Ces données permettront de vérifier si « Riz Bumba, Loso na Biso » devient une filière durable ou reste principalement un ensemble d’objectifs annoncés pour 2030.
— Joldie KAKESA









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